Fukushima : six ans après, le gouvernement veut faire revenir les habitants dans les zones contaminées

RETOUR RISQUÉ ? - Six ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima provoquée par un séisme et un tsunami, le gouvernement japonais souhaite faire revenir les réfugiés dans les villages avoisinant la centrale.

Le pays du Soleil levant pleure ses morts. Des cérémonies d’hommage aux victimes du séisme et du tsunami de 2011 sont organisées ce samedi aux quatre coins du Japon. 18.446 personnes avaient perdu la vie à la suite de ces catastrophes naturelles. Lesquelles avaient en outre ravagé la centrale de Fukushima, provoquant un accident nucléaire du même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl survenue en 1986. Pour échapper aux rejets radioactifs, 160.000 personnes vivant dans une zone de 20 km autour de la centrale nucléaire avaient été évacuées, comme le relaie Sud Ouest.  


Six ans plus tard, certaines zones localisées autour de la centrale - mise hors service depuis l’accident - sont sur le point d’être de nouveau habitables, selon le gouvernement japonais satisfait de l’avancement du programme de décontamination. Le 31 mars prochain, les aides financières au logement seront ainsi coupées pour inciter le retour des réfugiés.

Une exposition encore élevée

Mais les niveaux de contamination dans les villages concernés sont toujours élevés, d'après Shinzo Kimura, spécialiste en radioprotection, sur le site Reporterre : "Il faut dix à vingt ans pour mesurer les conséquences d’une telle exposition, mais on assistera sans doute à une augmentation du nombre de cancers", souligne-t-il avant de fustiger l'attitude du gouvernement nippon qui privilégie la reconstruction économique du pays au détriment de la santé des réfugiés. En effet, le critère retenu pour autoriser cette relocalisation est de 20 millisiviert (l'unité mesurant l'exposition aux rayonnements d'origine radioactive, entre autres) par an. Soit, comme le rappelle Yuki Takahata pour Radio France, la limite fixée en France pour... les travailleurs du nucléaire.


A noter que des sangliers, présentant un niveau de radioactivité très important, rodent dans la région de Fukushima (voir notre montage vidéo ci-dessous). De quoi effrayer les rares habitants revenus vivre dans la région. Et décourager encore plus les réfugiés incités par le gouvernement à retourner sur place.

En vidéo

Fukushima : des sangliers radioactifs sèment le trouble

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