Indignation en Iran après l'exécution d'un chef religieux chiite en Arabie saoudite

Indignation en Iran après l'exécution d'un chef religieux chiite en Arabie saoudite

MOYEN-ORIENT – L'Arabie Saoudite a annoncé samedi l'exécution de 47 personnes condamnées à mort pour terrorisme. La présence parmi ces personnes d'un chef religieux chiite provoque l'indignation dans sa communauté, dans le pays et au-delà.

Après avoir exécuté 153 personnes en 2015, l'Arabie Saoudite ne montre aucun signe de vouloir lever le pied. Samedi matin, Ryad a annoncé que 47 individus, condamnés à mort pour terrorisme, avaient été décapités. L'une de ces exécutions a toutefois déclenché une vive polémique : celle du chef religieux chiite et opposant au régime Nimr Baqer al-Nimr. Âgé de 56 ans, il était un virulent critique du pouvoir en place.

Il faut dire qu'en Arabie saoudite, où la majorité des habitants sont de confession sunnite, la minorité chiite se plaint régulièrement d'être marginalisée. En 2011, Nimr avait ainsi pris la tête d'un mouvement de contestation de la famille royale, mouvement qui lui avait valu, un an plus tard, d'être arrêté puis condamné à mort fin 2014 pour "sédition", "désobéissance au souverain" et "port d'armes" par un tribunal de Ryad spécialisé dans les affaires de terrorisme.

"Le gouvernement payera un prix élevé"

Samedi, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la mise à mort de Nimr. En Iran, pays majoritairement chiite, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a laissé entendre que cette exécution pourrait coûter cher à Ryad. "Le gouvernement saoudien (...) paiera un prix élevé pour ces politiques", a-t-il averti, avant d'ajouter que "l'exécution d'une personnalité comme cheikh al-Nimr qui ne faisait que poursuivre des buts politiques et religieux montre uniquement le manque de sagesse et l'irresponsabilité" des autorités.

Pour le frère du supplicié, Mohammed al-Nimr, la mort du chef religieux pourrait provoquer une poussée de "colère des jeunes" chiites dans le pays, ajoutant espérer que les protestations seront "pacifiques". La journée de samedi va certainement entrer dans "le Livre Guinness des records en matière d'exécutions", a ironisé Mohammed al-Nimr pour qui l'exécution de son frère envoie "un message fort mais négatif". "Il y aura des réactions négatives à l'intérieur du royaume et à l'étranger mais nous espérons qu'elles seront pacifiques", a-t-il encore exprimé dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

Le fils d'al-Nimr également condamné, mais pas exécuté

Le neveu du cheikh, Ali al-Nimr, mineur au moment de son arrestation et également condamné à mort, n'a pas été exécuté samedi. La France était montée au créneau l'année dernière pour empêcher son exécution de même que l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International. La situation d'Ali al-Nimr est "très dangereuse. Le sabre reste suspendu au-dessus de son cou, à moins qu'il ne soit rendu à sa famille", a déclaré Mohammed al-Nimr, qui est son père.

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