Irak : Daech empêche les civils de quitter Mossoul

La bataille de Mossoul

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IRAK - Les djihadistes de l'organisation Etat islamique, qui font face à l'offensive des forces irakiennes sur leur fief de Mossoul, empêchent les civils de fuir la ville, pour s'en servir comme boucliers humains. Très inquiètes, des ONG réclament le déploiement de couloirs humanitaires.

Les habitants de Mossoul "sont retenus contre leur gré" dans la ville par les djihadistes du groupe Etat islamique qui s'en servent de "boucliers humains" face à l'offensive en cours des forces irakiennes, a déclaré mardi un porte-parole du Pentagone. "Cela fait plusieurs semaines" que les civils sont retenus dans la ville, "et nous n'avons pas vu de changements" depuis le début de l'offensive lundi, a indiqué le capitaine de vaisseau Jeff Davis. "Il n'y a pas d'exode massif de civils, c'est parce qu'ils sont retenus par la force", a-t-il souligné, alors que les Etats-Unis soutiennent les forces irakiennes par des frappes aériennes, un apport logistique, et par des conseillers militaires.


Le sort pendant la bataille des 1,5 million d'habitants de la deuxième ville d'Irak soulève les plus vives inquiétudes. La coalition et l'Irak se sont préparés à ce que des centaines de milliers de personnes quittent la ville, prévoyant des lieux d'accueil d'urgence et prépositionnant des ressources pour les aider. Mais les djihadistes pourraient au contraire tenter de garder la population sur place pour se protéger des bombes et tirs adverses et rendre encore plus difficile la conquête de la ville.

Des ONG réclament l'instauration de couloirs humanitaires

Sur Twitter, le chercheur Romain Caillet, spécialiste de la mouvance djihadiste, explique toutefois que les attaques contre le civils ne sont pas toutes imputables aux seuls djihadistes. Comme le relate l'agence de presse belge Belga, reprenant des informations de l'ONG Amnesty International, les musulmans sunnites qui fuient les zones contrôlées par Daech sont aussi "confrontés à la torture, aux disparitions et aux exécutions extrajudiciaires lors d'attaques de représailles par les milices et forces du gouvernement irakien". 

Plusieurs organisations humanitaires ont réclamé l'instauration de couloirs sécurisés pour que les civils puissent fuir les combats, d'autant que la ville pourrait être assiégée par les forces irakiennes. Ce mardi, au deuxième jour de l'offensive, les forces irakiennes ont continué à s'approcher de Mossoul.


Avant d'atteindre les abords directs de la ville, où seraient retranchés entre 3000 et 4500 djihadistes lourdement armés, les forces irakiennes doivent traverser des territoires contrôlés par l'EI autour de la cité. "Il y a encore beaucoup de mouvements à faire avant d'entrer" dans la ville, a indiqué le captaine de vaisseau Davis. "Nous sommes au début, cela va prendre du temps. Cela pourrait être une longue et dure bataille". Une bataille aussi longue que meurtrière, redoutent les observateurs. 

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