La Pologne veut (encore) restreindre le droit à l'avortement

La Pologne veut (encore) restreindre le droit à l'avortement

DROITS DES FEMMES - Le Parlement polonais se penche jeudi sur une proposition de loi prévoyant des peines allant jusqu'à cinq ans de réclusion pour les personnes qui pratiquent l'IVG, y compris les femmes. Un durcissement en vue dans un pays où l’avortement est déjà très encadré.

Journée studieuse en perspective pour le Parlement polonais, mais dans une ambiance pesante. Au programme ce jeudi : deux propositions de loi visant à redéfinir la législation en matière d’avortement. Sauf que les deux textes sont diamétralement opposés. Le premier prône une libéralisation de l’IVG, quand le second vise de facto à l’interdire. Sauf surprise, c'est ce dernier qui devrait obtenir gain de cause au sein d'une Assemblée où les conservateurs catholiques du parti Droit et Justice (PiS) ont le vent en poupe.


Selon le projet du comité "Stop Avortement", créé par des organisations pro-vie, l’avortement serait autorisé uniquement s’il est nécessaire pour préserver la vie de la mère. En outre, les promoteurs du texte demandent que les personnes qui pratiquent l'IVG, de même que les femmes qui la subissent, encourent des peines de prison allant de trois mois à cinq ans de réclusion. 

L'IVG autorisée dans seulement trois cas

Des mesures radicales, alors que la loi actuellement en vigueur est déjà l’une des plus restrictives en Europe. Elle autorise l'IVG dans seulement trois cas : quand il y a un risque pour la vie ou la santé de la mère, quand un examen prénatal indique une grave pathologie irréversible chez l'embryon, et quand la grossesse résulte d'un viol ou d'un inceste. 


Conséquence, moins de 2.000 avortements légaux sont pratiqués chaque année en Pologne. Le nombre des IVG clandestines ou pratiquées à l'étranger reste pour sa part inconnu. Mais selon les organisations de défense des droits des femmes, il se situe entre 100.000 et 150.000. "Un mythe", selon les activistes des mouvements pro-vie et leurs nombreux soutiens : ils ont réuni plus d'un demi-million de signatures pour appuyer le projet de loi présenté ce jeudi - alors que 100.000 auraient suffi pour le proposer aux députés.


Encouragé par ses militants, le PiS pourrait cependant rechigner à valider un durcissement de la loi. Une majorité des Polonais souhaite en effet maintenir le régime actuel. Un sondage réalisé en avril par l'institut CBOS a montré que l'acceptation de l'avortement légal va de 58% en cas d'inceste à 84% en cas de danger mortel pour la femme. 


Vidéo - Le tour d'Europe des législations en matière d'avortement :

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