La Suède abandonne ses poursuites contre Assange : que peut-il désormais se passer pour le fondateur de Wikileaks ?

ET MAINTENANT ? - Le parquet suédois a annoncé ce vendredi qu'il abandonnait ses poursuites pour viol contre le fondateur de WikiLeaks. Reclu dans l'ambassade de l'Equateur à Londres, Julian Assange n'est pas libre pour autant. Entre une demande d'aide à la France, une possible toujours arrestation au Royaume-Uni et une extradition aux Etats-Unis, que va-t-il advenir de l'Australien ?

Ce vendredi, le parquet suédois a annoncé qu'il abandonnait ses poursuites pour viol contre le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Si la plaignante dénonce "un scandale" et maintient ses accusations, c’est le soulagement qui prédomine parmi les soutiens d’Assange. 


"Cela fait trop longtemps qu'on attendait cette décision, que le procureur suédois a mis plus de six ans à prendre. Julian Assange a été victime d'un abus de procédure énorme. Nous sommes très contents et très émus, cela marque la fin de son cauchemar", a relevé Christophe Marchand, membre de son équipe juridique.


Toujours retranché au sein de l’ambassade d’Equateur à Londres, et ce depuis maintenant cinq ans, différents cas de figures se présentent désormais pour Julian Assange. 

Le risque d'une arrestation en cas de sortie de l'ambassade ?

La police britannique a d’ores et déjà annoncé qu’elle serait "obligée" de procéder à l'arrestation de Julian Assange s’il venait à sortir de l’ambassade. Il est en effet recherché pour un délit mineur, celui d’avoir violé en 2012 les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni, à laquelle il était assujetti en raison des poursuites suédoises.


Toutefois, selon l'avocat suédois d’Assange, Per Salmuelsson, l’Australien "est libre de quitter l’ambassade quand il veut. (…) La Suède ne dresse aucun obstacle à cela". Dans le même temps, l’Equateur a appelé le Royaume-Uni à fournir à Assange une "sortie sûre" du pays.

Une aide de la France ?

Prochainement, Julian Assange pourrait peut-être aussi demander à la France "une demande d’intervention politique de ses conseils", a annoncé son avocat français, Juan Branco. Ce dernier explique cependant qu’il ne s’agit pas d’une demande d’asile politique proprement dit. 


Il souligne que son client est "le seul prisonnier politique officiellement reconnu par l'Onu en Europe de l'Ouest" et appelle Emmanuel Macron s à "prendre ses responsabilités en intervenant afin de faire cesser la situation intolérable où se situe Julian Assange". En juillet 2015, sous le mandat de François Hollande, l’Elysée avait rejeté la demande d’asile du cofondateur de Wikileaks, faite dans une lettre ouverte publiée dans "Le Monde".

Une extradition aux Etats-Unis toujours possible ?

En sollicitant l’aide de la France, Assange essaye de contourner une éventuelle extradition vers les États-Unis, dernier cas auquel il est confronté. L’Australien est en effet toujours dans le collimateur de la justice américaine pour avoir publié des centaines de milliers de documents confidentiels diplomatiques et militaires américains sur le site Wikileaks en 2010. Son arrestation serait même une "priorité" pour l'administration Trump, qui tente de lutter contre la divulgation d'informations sensibles, a assuré le 20 avril dernier le ministre américain de la Justice Jeff Sessions. 


Or si Julian Assange venait à être arrêté au Royaume-Uni, la possibilité d'une extradition aux Etats-Unis serait donc toujours envisageable. Or, l'Australien a toujours affirmé qu'il risquerait alors la peine de mort, d'où le fait de s'être réfugié à l'ambassade d'Equateur.

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