Le fait divers du jour : sa femme, qu'il pense avoir fait assassiner, le surprend en plein deuil

Le fait divers du jour : sa femme, qu'il pense avoir fait assassiner, le surprend en plein deuil

AUSTRALIE - Partie enterrer sa belle-mère dans son village natal du Burundi, une mère de famille va échapper à son assassinat programmé depuis l'Australie par son mari qui a fait appel à des tueurs à gages. L'homme découvrira que sa femme est toujours vivante lorsqu'elle se présentera, cinq jours plus tard, à leur domicile.

Son voyage en Afrique devait être un moment de recueillement, il s'est transformé en cauchemar. Mariée à un réfugié de la République démocratique du Congo qu'elle a rencontré à Melbourne, en Australie, où elle-même s'est exilée en 2004, Noela Rukundo s'est rendue dans son village natal du Burundi en février 2015. Cette mère de huit enfants, dont trois qu'elle a eus avec son nouveau mari en Australie, devait participer aux obsèques de sa belle-mère à laquelle elle était très attachée.

Dans la chaleur de la capitale Bujumbura, accablée de tristesse, Noela a somnolé une bonne partie de la journée dans sa chambre d'hôtel à son arrivée au Burundi. C'est un coup de fil de son mari, Balenga Kalala qui l'a réveillée, raconte la mère de famille. "J'ai essayé de t'appeler toute la journée", dit alors son mari. "Je dormais", lui répond Noela. "Je lui ai dit que je ne me sentais triste", raconte-t-elle à la BBC . "Il m'a alors demandé quel temps il faisait et m'a conseillé de sortir prendre l'air", poursuit-elle. Ce qu'elle a fait.

"Mon mari ne peut pas vouloir me tuer, vous mentez"

Mais à peine a-t-elle posé le pied dehors qu'un homme s'approche et pointe une arme sur elle. Son agresseur lui dit alors de ne pas crier et menace de la tuer si elle résiste. Noela est emmenée dans une voiture où deux hommes armés l'encadrent et lui mettent un foulard sur la tête. Le voyage en voiture va durer une grosse demi-heure avant que Noela ne se retrouve ligotée sur une chaise dans un bâtiment, se demandant ce qu'il se passe. Elle va vite le savoir.

Le chef du gang se présente à elle et lui demande directement : "Qu'est-ce que tu as fait à cet homme. Pourquoi il nous a demandé de te tuer ?", raconte la victime. Cette dernière, qui ne connaît de problème avec personne, répond : "Quel homme ?" "Ton mari", rétorque son ravisseur. "Mon mari ne peut pas vouloir me tuer, vous mentez", lâche-t-elle avant de se faire gifler. Pour lui prouver ce qu'il dit, le chef du gang appelle alors le commanditaire de l'enlèvement et met le téléphone sur haut-parleur. "On l'a déjà", dit alors le tueur à gages à son interlocuteur, qui répond : "Tuez-la."

"Je voulais simplement le regarder"

"J'ai entendu sa voix. Je l'ai entendue, raconte Noela. J'ai senti que ma tête allait exploser. "Alors que ses agresseurs décrivent où ils vont jeter le corps, la femme s'évanouit. Quand elle recouvre ses esprits, le chef de gang la rassure enfin : "On ne va pas te tuer. On ne tue pas les femmes et les enfants", lâche-t-il. Noela sera finalement libérée au bout de deux jours de captivité. Entre temps, son frère inquiet de sa disparition a contacté son mari pour qu'il lance une enquête. Ce dernier a feint de coopérer.

Au moment de se séparer d'elle, le gang a remis à Noela les preuves de la culpabilité de son mari - une carte mémoire contenant les conversations téléphoniques avec Balenga Kalala et les reçus des transferts d'argent Western Union. Ces preuves en poche, la mère de famille va organiser son retour en Australie. Là-bas, son mari a déjà annoncé que sa femme a succombé à un tragique accident. Mais Noela a pris soin de contacter le pasteur de son église à Melbourne, abasourdi, en lui disant de ne pas dire qu'elle était en vie.

Son mari le découvrira, cinq jours après le départ de sa femme pour le Burundi, en raccompagnant à l'extérieur de leur maison un groupe venu lui présenter ses condoléances. Devant lui se tient sa femme, en chair et en os. "Je voulais simplement le regarder. Il avait peur. Il n'y croyait pas", raconte Noela. Puis la police, l'a arrêté. Après avoir affirmé à sa femme qu'il était jaloux et pensait qu’elle voulait le quitter pour un autre, ce qu'elle n'a jamais cru, Balenga Kalala n'a pas fourni aux enquêteurs d'explication à sa machiavélique tentative de meurtre. Après avoir plaidé coupable, il a été condamné en décembre dernier à neuf ans de prison.

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