Le prix Sakharov revient à Raïf Badaoui, blogueur saoudien condamné à 1000 coups de fouet

Le prix Sakharov revient à Raïf Badaoui, blogueur saoudien condamné à 1000 coups de fouet

LIBERTÉ D’EXPRESSION - Le blogueur saoudien Raïf Badaoui, emprisonné et condamné à la flagellation dans son pays pour "insulte envers l’islam", a obtenu jeudi 29 octobre le prix Sakharov pour la liberté d’expression, décerné par le Parlement européen.

Il fait partie des rares opposants saoudiens qui se sont exprimés publiquement. Le blogueur Raïf Badaoui, emprisonné et condamné à la flagellation dans son pays pour "insulte envers l’islam", a obtenu jeudi 29 octobre le prix Sakharov pour la liberté d’expression, décerné par le Parlement européen. Animateur du site Internet Liberal Saudi Network, Raïf Badaoui a été choisi par les chefs de file des groupes politiques du Parlement comme lauréat 2015 de cette prestigieuse récompense, considérée comme l’équivalent européen du prix Nobel de la paix.

Pour avoir usé d’une liberté de ton, mêlant satire et parfois irrévérence, dans la critique des autorités religieuses de son pays, ce blogueur saoudien a été condamné, en mai 2014, à dix ans de prison et mille coups de fouet pour cybercriminalité et "insulte envers l’islam". Raïf Badaoui a reçu ses premiers cinquante coups de fouet en public en janvier. Les séances de flagellation ont été ensuite suspendues face au tollé international, mais son épouse Ensaf Haidar a indiqué mardi qu’elles pourraient reprendre prochainement.

RSF demande sa libération

Ensaf Haidar s’est déclarée "très heureuse" du Prix Sakharov pour la liberté d’expression décerné à son mari, y voyant "un message d’espoir et de courage", et c’est aussi un message pour les autorités saoudiennes que "Raïf n’est pas coupable", a ajouté la jeune femme qui est exilée au Canada avec ses trois jeunes enfants. "J’espère que ce prix va aider à faire avancer" sa cause et permettre à Raïf Badaoui de rejoindre sa famille.

Reporters sans frontières (RSF) a décrit le site Internet co-fondé par Raïf Badaoui comme un "forum de discussion destiné à encourager des débats d’ordre politique, religieux et social en Arabie saoudite", et l’a choisi l’année dernière parmi les trois lauréats de son prix pour la liberté de la presse. L’ONG a exhorté, jeudi, une nouvelle fois le roi Salmane à gracier le blogueur saoudien. L’Arabie saoudite est restée sourde jusqu’à présent aux pressions internationales pour le libérer. Son épouse a demandé en vain la clémence du royaume wahhabite.

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