L'Espagne renonce au projet de loi controversé sur l'avortement

L'Espagne renonce au projet de loi controversé sur l'avortement

INTERNATIONAL - Le gouvernement conservateur espagnol a annoncé mardi l'abandon de son projet de loi sur l'avortement, qui avait suscité la polémique jusqu'au sein du pouvoir. Suite à cette annonce, le ministre de la Justice, porteur du projet, a démissionné.

Un abandon, une démission et une vague de réactions. En l'espace d'une journée, l'Espagne a vécu une série de rebondissements retentissants. Le premier a été annoncé à la volée en début d'après-midi par Mariano Rajoy, devant les micros qui le suivaient sur un événement protocolaire : le retrait du projet de loi controversé sur l'avortement, dont il avait pourtant fait l'une de ses grandes promesses électorales.

Le texte prévoyait de réduire considérablement le droit à avorter  : il n'autorisait l'interruption volontaire de grossesse qu'en cas de danger prouvé pour la vie, la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol. Et excluait notamment les cas de malformation du fœtus. Adopté en décembre, ce projet de loi qui n'avait toujours pas été présenté au Parlement, avait soulevé une vague d'indignation, jusque dans le camp de droite.

Démission du ministre de la Justice

"Le gouvernement a fait le plus d'efforts possibles pour tenter de parvenir au meilleur consensus possible. Nous allons continuer à étudier des formules permettant de parvenir à un meilleur accord sur la réforme. Mais en ce moment, je crois avoir pris la décision la plus sensée", a déclaré le chef du gouvernement. Plusieurs figures du parti de Rajoy s'étaient publiquement prononcées contre ce texte. Un sondage publié par le journal El Mundo en janvier montrait que la majorité des électeurs (53%) de droite le rejetait.

Quelques heures après le retrait du texte, le ministre de la Justice Alberto Ruiz Gallardon, visiblement très ému, a annoncé sa démission, reconnaissant "ne pas avoir été capable" de mener à terme le projet. Représentant de la frange la plus conservatrice de la droite espagnole, l'homme a décidé de se retirer de la vie politique.

Si l'opposition et les associations de défense des droits des femmes se sont félicitées de ce retrait, les opposants à l'avortement ont dénoncé "une trahison", parlant d'un gouvernement effrayé par les prochaines échéances municipales et régionales de 2015. La porte-parole de "Derecho a Vivir" ("Droit à la Vie), Gador Joya, a d'ores et déjà mis en garde Mariano Rajoy, assurant qu'il "ne s'en tirera pas comme ça" : "Il va faire face à une campagne très dure pour que les Espagnols lui retirent leurs suffrages".

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