L'Europe provoque la colère d'Israël en approuvant l'étiquetage des produits originaires des colonies

L'Europe provoque la colère d'Israël en approuvant l'étiquetage des produits originaires des colonies

COMMERCE - La Commission européenne a approuvé mercredi matin la mise en œuvre de l'étiquetage des produits en provenance des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés. Une mesure aussitôt dénoncée par Israël, qui a annoncé la suspension de son dialogue diplomatique avec l'UE. De son côté, l'Organisation de libération de la Palestine la juge positive mais "insuffisante".

L'Union européenne parle d'une mesure avant tout "technique", visant à informer les consommateurs. Mais Israël dénonce une décision "politique" qui pourrait "soutenir et encourager" les appels à boycotter ses produits. La Commission européenne a approuvé mercredi la mise en œuvre de l'étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés.

Concrètement, les industriels alimentaires et les distributeurs des 28 Etats membres sont invités à distinguer clairement les produits en provenance des implantations israéliennes de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du plateau du Golan, toutes illégales au regard du droit international. Aujourd'hui, ces produits sont étiquetés comme fabriqués en Israël. Les marchandises concernées, en majorité des produits agricoles (fruits, légumes, vins) et des cosmétiques, représentent "moins de 1%" du total des échanges commerciaux entre l'UE et Israël, soit 154 millions d'euros en 2014, selon des chiffres de la Commission.

Netanyahu invoque le passé nazi


Cette décision, attendue mais reportée à plusieurs reprises, a sans surprise provoqué la colère d'Israël, qui avait prévenu dès mardi soir qu'elle aurait des "implications politiques". Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a de nouveau évoqué le spectre du nazisme et de l'antisémitisme, estimant que "l'étiquetage des produits de l'État juif par l'Union européenne réveille de sombres souvenirs". "L'Europe devrait avoir honte", a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée par ses services. "Alors qu'il y a des centaines de conflits territoriaux à travers le monde, (l'UE) a décidé de s'en prendre seulement à Israël, alors qu'Israël combat le dos au mur contre une vague de terrorisme", a regretté le Premier ministre, actuellement en visite chez son allié américain.

Selon le gouvernement israélien, cette mesure "discriminatoire" prise pour des "raisons politiques" va compliquer encore le processus de paix avec les Palestiniens, au point mort depuis le printemps 2014. "Depuis l'entrée en fonction de la nouvelle équipe à la tête de l'UE (il y a un an) nous avons clairement dit en Israël que nous nous félicitions des contributions de l'UE au processus de paix. Ce qui arrive pourrait nous forcer à reconsidérer" cette position, a prévenu dès mardi le chef de la mission israélienne auprès de l'UE à Bruxelles, David Walzer.

Dialogue diplomatique avec l'UE "suspendu"

Dans le même temps, le ministère des Affaires étrangères israélien a convoqué le représentant de l'Union européenne (UE) en Israël , Lars Faaborg-Andersen. Il a par ailleurs fait savoir que les diplomates israéliens ne participeraient plus à un certain nombre de réunions prévues avec l'UE. "Compte tenu de la dernière décision de l'UE, Israël suspend son dialogue diplomatique avec elle dans plusieurs forums qui devaient avoir lieu au cours des prochaines semaines".

De son côté, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a jugé, dans un message sur Twitter, que la décision européenne constituait "un pas dans la bonne direction", mais "insuffisant" : "Les produits issus d'un crime de guerre doivent être interdits, pas seulement étiquetés", a écrit l'OLP, faisant référence à la colonisation comme à un "crime de guerre".

À LIRE AUSSI >> L'appel à boycotter les produits israéliens rendu illégal
 

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