Obama dans une mosquée de Baltimore : les raisons d'une visite historique

Obama dans une mosquée de Baltimore : les raisons d'une visite historique

ETATS UNIS - Barack Obama se rend dans une mosquée pour dénoncer l'amalgame entre islam et terrorisme. Une première sur le sol américain pour le président.

Marquer les esprits. C’est l’objectif que s’est fixé Barack Obama ce mercredi, en se rendant à la mosquée de Baltimore. Un geste fort, à l’heure où les républicains rivalisent de déclarations alimentant les amalgames entre islam et terrorisme, le tout à neuf mois de l'élection présidentielle. Mais aussi car jamais depuis le début de son mandat, le 44ème président américain n’avait effectué un tel déplacement sur le sol des Etats-Unis.

Selon Josh Earnest, son porte-parole qui s’est exprimé peu avant la visite, la mosquée est "le lieu adapté pour dire clairement (...) que personne, candidat ou pas, ne devrait se croire autorisé à mettre en danger la liberté de religion". Difficile de ne pas y voir une allusion à Donald Trump : depuis que le milliardaire a proposé d'interdire, temporairement, l'accès des musulmans aux Etats-Unis par crainte d'attentats djihadistes, Barack Obama dénonce sans relâche la tentation de jouer sur les peurs et met en garde contre les stéréotypes "contre-productifs".

A LIRE AUSSI >>  Donald Trump laisse un militant dire que Barack Obama est musulman

"Salam aleikum"

C'est d’ailleurs en novembre, lors d'une conférence de presse à Antalya en Turquie, quelques jours après les attentats de Paris, que le président américain avait été le plus explicite sur ce thème. Après avoir martelé que Daech n'était "aucunement représentatif" de l'écrasante majorité des musulmans, il avait aussi lancé un appel à la vigilance. "Ce qui est également vrai, avait-il souligné, c'est que les organisations terroristes les plus cruelles aujourd'hui sont des organisations qui affirment parler au nom des vrais musulmans."

Un franc-parler auxquels les Américains n’étaient plus habitués depuis le célèbre discours du Caire, en juin 2009. Dans cette allocution, entamée en arabe par un "Salam aleikum" ("Que la paix soit sur vous"), Barack Obama avait appelé à tourner la page d'un "cycle de méfiance et de discorde" entre les Etats-Unis et le monde musulman. Depuis, le président s’est malgré tout rendu à plusieurs reprises dans une mosquée à l'étranger, à Jakarta en 2010, ou encore à Kuala Lumpur en 2014, mais jamais aux Etats-Unis, où quelque 3,3 millions de musulmans vivent.

La visite la plus célèbre d'un président dans une mosquée située sur le territoire américain restera probablement encore pour longtemps celle de son prédécesseur, le républicain George W. Bush. Six jours après les attentats du 11 septembre 2001, revendiqués par Al-Qaïda, il s'était rendu dans une mosquée de Washington. "L'islam, c'est la paix", avait-il lancé dans une brève allocution restée dans l'Histoire, soulignant que "le visage de la terreur" n'avait rien à voir avec cette religion pratiquée par des centaines de millions de personnes à travers le monde.

A LIRE AUSSI >>  Etat Islamique : quand Obama écrit une lettre au guide suprême iranien

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques