Palestine : les deux rivaux Hamas et Fatah en voie de réconciliation

Palestine : les deux rivaux Hamas et Fatah en voie de réconciliation

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COPAINS - Le mouvement islamiste du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, et son rival du Fatah ont signé ce jeudi au Caire un accord de réconciliation destiné à mettre fin à une décennie de déchirements. Un bouleversement mal vu par Israël.

Après 10 ans de conflit, les islamistes du Hamas et son rival laïc du Fatah ont signé jeudi au Caire un accord de réconciliation. Les deux formations se laissent deux mois pour résoudre les problèmes les plus épineux, ont-elles annoncé après deux jours de négociations secrètes dans la capitale égyptienne.


L'Autorité palestinienne, entité internationalement reconnue supposée préfigurer un Etat palestinien indépendant, assumera d'ici au 1er décembre "toutes les responsabilités" dans la bande de Gaza, actuellement gouvernée sans partage par le Hamas, ont indiqué les Renseignements égyptiens, qui ont parrainé les négociations.


Les deux camps se donnent jusqu'à cette date pour régler tous leurs différends. Une nouvelle réunion est prévue au Caire le 21 novembre pour discuter de la formation d'un gouvernement d'unité. Les termes de l'accord ont été divulgués de manière fragmentaire et des questions essentielles semblent rester en suspens.

Que faire du bras armé du Hamas ?

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (membre du Fatah) a salué cet "accord final pour mettre fin aux divisions" palestiniennes. Il devrait se rendre prochainement à Gaza, pour la première fois depuis au moins dix ans, a déclaré à l'AFP le chef du Fatah, Zakaria al-Agha.


Le Hamas avait évincé l'Autorité palestinienne et ses forces de sécurité de Gaza en 2007, au prix d'une quasi-guerre civile avec le Fatah. Depuis, l'Autorité, dominée par le Fatah, n'exerçait plus son pouvoir, limité, que sur la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 50 ans. Toutes les tentatives de réconciliation entre les deux organisations avaient échoué jusqu'alors.

Premières avancées de l'accord : 3000 policiers de l'Autorité palestinienne vont être déployés à Gaza, a révélé à l'AFP un haut responsable impliqué dans les tractations, sous couvert de l'anonymat. Les forces de l'Autorité vont également reprendre d'ici au 1er novembre le contrôle des points de passage entre Gaza et Israël, selon le chef de la délégation du Fatah, Azzam al-Ahmed.

Mais des questions aussi cruciales et compliquées que le contrôle de la sécurité à Gaza et le sort des 25.000 hommes du bras armé du Hamas semblent avoir été remises à plus tard. Alors que Mahmoud Abbas semble hostile au fait que le Hamas reste en charge de la sécurité à Gaza, le Hamas a fait savoir que la question de ses armes n'était pas négociable.

Israël ne veut pas négocier avec un Hamas armé

Aucune date n'a par ailleurs été fixée pour la levée des sanctions imposées ces derniers mois par l'Autorité palestinienne pour faire fléchir le Hamas. "Très bientôt", a seulement dit le chef du Fatah. Or, les conditions de vie à Gaza, encore aggravées par ces mesures, sont un enjeu immédiat de la réconciliation.


Israël a rapidement signifié qu'il ne traiterait pas avec un gouvernement d'unité palestinien si celui-ci ne reconnaissait pas l'état hébreu, ce à quoi se refuse toujours le Hamas, et ne désarmait pas cette formation politique. Une réconciliation avec le Hamas "ne fait que compliquer" la recherche de la paix avec Israël, a estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


Plus enthousiastes mais néanmoins prudents, les Etats-Unis ont annoncé peu après qu'ils allaient "suivre de près" l'amélioration de la situation humanitaire à Gaza. La porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, a ainsi déclaré : "Nous saluons l'effort" pour que "l'Autorité palestinienne assume pleinement les responsabilités à Gaza".

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Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a de son côté félicité Mahmoud  Abbas pour l'accord et apporté le soutien de l'ONU à l'Autorité palestinienne, tout en rappelant l'urgence de s'occuper de la crise humanitaire à Gaza, alors que deux millions de Gazaouis vivent sur cette bande de terre, éprouvés par trois guerres avec Israël depuis 2008, les blocus israélien et égyptien, la pauvreté, le chômage et les pénuries d'eau et d'électricité.

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