Pour échapper aux conflits d'intérêts, Donald Trump confie les rênes de son empire... à ses enfants

Pour échapper aux conflits d'intérêts, Donald Trump confie les rênes de son empire... à ses enfants

MAINS PROPRES - Le président fraîchement élu des Etats-Unis et magnat de l’immobilier a annoncé, ce mercredi, sur les réseaux sociaux, qu'il se mettrait en retrait de son empire immobilier avant d'entrer à la Maison Blanche le 20 janvier. Objectif ? Mettre fin aux suspicions de conflits d’intérêts, soulevés à son arrivée au pouvoir.

Une fortune estimée à 10 milliards de dollars, quelques 150 sociétés, présentes dans 25 pays...  L'arrivée inédite à la Maison Blanche de ce richissime homme d'affaires à la tête d'un empire aux ramifications internationales a soulevé de nombreuses interrogations. Pour mettre fin aux polémiques sur d'éventuels conflits d'interêts, Donald Trump a annoncé, mercredi 30 novembre, sur Twitter, qu'il tiendrait, le 15 décembre 2016, à New York une "conférence de presse majeure". 


Et le président républicain d'expliquer ainsi qu'il quittera sa "formidable entreprise" afin de se "concentrer entièrement et totalement à la direction du pays et à redonner à l'AMERIQUE SA GRANDEUR!" Mais pour nombre d'observateurs, transmettre la direction de la Trump Organization à ses enfants ne garantira pas une limite entre les affaires et la politique américaine... Au contraire. 

Des enfants qui jouent un rôle de conseiller

Ivanka, Eric et Donald Jr. en charge de l'empire Trump, les problèmes ne s'effaceront pas d'un coup d'un seul. En cause ? Le fait que ses enfants aient été parmi ses plus proches conseillers pendant la campagne et qu'ils jouent un rôle actif dans les nominations de la future administration Trump. Ainsi que le rapporte 20 Minutes, ses enfants ont été aperçus en train de discuter avec le Premier ministre japonais et Ivanka Trump a parlé au président argentin par téléphone. 

Dans un édito en date du 15 novembre 2016 au Washington Post, Richard Painter et Normal Eisen avaient eux aussi pointé du doigt le problème. Anciens conseillers "éthique" de George W. Bush et Barack Obama, ils voient en cette solution un trompe-l'oeil, car le président aura toujours un droit de regard sur les affaires. Il se s'agit donc pas "d’un blind trust", une situation dans laquelle Donald Trump confierait la gestion de son empire à un tiers sans aucun droit de regard, comme cela était conseillé. Au contraire, pour les deux spécialistes, "Donald Trump devrait leur demander de se tenir en dehors du business et en dehors de la Maison-Blanche afin qu'ils ne soient pas impliqués dans les affaires du gouvernement américain." L'annonce du président le 15 décembre prochain ne risque donc pas de faire taire les polémiques naissantes. 

Des soupçons sur la politique extérieure ?

"La loi est de mon côté, un président ne peut pas avoir de conflits d'interêts", avait déclaré initialement le businessman lors d'un entretien au New York Times le 22 novembre 2016. Il a depuis changé d'avis. Si Donald Trump a fait fortune grâce à son vaste réseau d'hôtels et d'immeubles de luxe, la Trump Organization reste entourée de mystères. 


Au cours de sa campagne, Donald Trump avait ainsi dû publier certains détails de son patrimoine financier. Un document d'une centaine de pages montrait qu'il possédait des participations dans plus de 500 entités, portant pour certaines des noms tels que China Trademark LLC ou DT Marks Qatar LLC.... Sans pour autant en préciser la nature exacte. 

De plus, Trump le businessman interfère déjà avec Trump le président. Comme le relate Le Figaro, le républicain a demandé l'aide de l'homme politique britannique, Nigel Farage pour faire annuler un projet d'éoliennes... qui menace la vue de son golf d'Aberdeen en Ecosse. Quelques temps plus tard, sur le réseaux sociaux, le chef d'Etat annonce que l'ancien leader de l'Ukip pourrait faire "du très bon boulot", en tant qu'ambassadeur. 

Et les zones grises sont légions. Le Wall Street Journal révèle ainsi que, depuis 1998, la Deutsche Bank aurait prêté près de 2,5 milliards de dollars au milliardaire, faisant de la structure allemande l'un des plus gros créanciers de Donald Trump. D'après Le Temps, les dettes de Donald Trump à l’égard de Deutsche Bank s’élèveraient aujourd’hui à quelque 350 millions de dollars. 

La relation de Donald Trump avec Deutsche Bank est un énorme problème. Personne ne sait exactement combien d’argent il doit à qui. Et personne ne sait donc à quel point il est dépendant de qui. On peut déjà se demander si lui et ses ministres pourront s’attaquer avec le soin nécessaire à la régulation de l’industrie financière. Richard Painter, professeur de droit à l’Université du Minnesota, et ancien avocat de Georges W. Bush

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