Qui sont les shebab, les islamistes qui sèment la terreur en Afrique de l'Est ?

Qui sont les shebab, les islamistes qui sèment la terreur en Afrique de l'Est ?

DECRYPTAGE - Au moins 19 personnes ont été tuées ce jeudi soir dans l'attaque d'un restaurant du front de mer de Mogadiscio. Un attentat revendiqué par les shebab, des islamistes affiliés à Al-Qaïda qui mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides depuis plusieurs années.

"Le fait qu'ils aient choisi ce lieu montre à quel point les rebelles shebab sont sans merci". La police somalienne semblait impuissante jeudi 21 au soir, après l’attaque menée dans le quartier de la plage du Lido à Mogadiscio. Bilan : au moins 19 morts, des femmes et des enfants pour la plupart. Après une violente explosion, des hommes armés ont en effet fait irruption dans un restaurant, semant le chaos. Preuve s’il en fallait du pouvoir de nuisance intact des terroristes dans le pays.

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 Qui sont les shebab ?
Les shebabs - "les jeunes" en arabe - sont des combattants islamistes qui veulent mettre en place un Etat islamique fondé sur la charia. Le mouvement est né au milieu des années 2000, au sein de la fusion de plusieurs groupes islamistes somaliens, "l'Union des tribunaux islamistes". Cette coalition avait alors pris le pouvoir dans le centre et le sud de la Somalie durant deux ans, avant d’être chassée en 2011 de Mogadiscio par un gouvernement de transition soutenu par l'Union africaine en Somalie (Amisom). Depuis 2010, les shebabs se réclament d’Al-Qaïda.

 Des djihadistes toujours actifs en Somalie
Les shebab, chassés de Mogadiscio puis de leurs principaux bastions du centre et du sud de la Somalie, contrôlent toujours de larges zones rurales, d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides - parfois jusque dans la capitale somalienne - contre les symboles du fragile gouvernement somalien, ou contre la force militaire de l’Amisom qui le soutient. Les shebab ont visé l'an dernier au moins sept hôtels de la capitale hébergeant des diplomates, des étrangers ou des responsables somaliens, au cours d'attaques "complexes", impliquant des véhicules piégés et des combattants à pied, et faisant au moins une quarantaine de morts.

 Combien sont-ils ?
Difficile d’avancer un nombre exact, même si le chiffre de 5.000 combattants revient régulièrement. Des djihadistes recrutés sur place, à l’étranger mais aussi par le biais d’Al-Qaïda.

Qui est leur chef ?
Depuis septembre 2014, le groupe est sous la houlette d’Ahmed Umar Abou Oubaïda. Il a succédé à Ahmed Abdi Godane, tué par un drone américain. Sa tête avait été mise à prix par les Américains pour 7 millions de dollars. Proche de la nébuleuse fondée par Oussama ben Laden, le nouveau chef Oubaïda est en conflit ouvert avec des figures clés du mouvement, qui militent pour un rapprochement avec le groupe Etat islamique (EI).

 Le Kenya, l’autre cible
Le 15 janvier dernier, le groupe s’est emparé d’un camp du contingent kényan de l’Amisom, tuant plus de 100 soldats. Un bilan impossible à vérifier, tant celui-ci embarrasse les autorités, mises à rude épreuve ces derniers mois : le 2 avril, 148 personnes étaient tuées sur le campus d’une université. Des représailles, selon les islamistes shebab, à la présence des forces armées kényanes en Somalie, qu’ils considèrent comme une occupation. Dans leur communiqué, les agresseurs dénoncent d’ailleurs l’occupation des terres musulmanes par Nairobi, mais aussi "l’oppression", "les politiques répressives" et "la persécution systématique des musulmans" à l’intérieur même du Kenya, qui compte une minorité musulmane.

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