Qui est Mark Rutte, sorti vainqueur des législatives aux Pays-Bas face à Geert Wilders ?

ELECTIONS - Le parti libéral du Premier ministre néerlandais est arrivé en tête des élections législatives mercredi, devançant notamment le Parti pour la liberté du député (PVV) anti-islam Geert Wilders. Un succès pour Mark Rutte, qui obtient ainsi un 3e mandat.

"Rutte n'est pas encore débarrassé de moi!". C'est par ce tweet que Geert Wilders a accueilli les prémices de sa défaite, mercredi soir. A l'occasion de ces élections législatives, véritable baromètre de la montée du populisme en Europe, des millions de Néerlandais s'étaient pressés aux urnes. Et pour cause : face au libéral Mark Rutte, le député anti-système, anti-islam, Geert Wilders était annoncé vainqueur au gré des sondages.


Finalement, les libéraux obtiennent 32 sièges sur les 150 de la chambre basse du parlement, et 19 sièges sont attribués au PVV de Geert Wilders, à égalité avec les chrétiens-démocrates du CDA et les progressistes de D66. Les principales formations ont d'ores et déjà exclu de gouverner avec Geert Wilders. Dans la soirée, le populiste a malgré tout annoncé qu'il était prêt à participer au gouvernement. "Si cela est possible, j'aimerais co-gouverner, mais si cela ne marche pas... nous supporterons le gouvernement où cela est nécessaire, sur les questions qui nous sont chères", a-t-il précisé.


Mark Rutte a donc réussi à s'imposer  face au député Wilders, restant au-dessus de la mêlée pour entretenir son image de dirigeant. Une image cultivée au fil des décennies : ce célibataire de 50 ans, qui cite volontiers en exemple Ronald Reagan, Margaret Thatcher et Winston Churchill, était devenu à l'issue des élections législatives du 9 juin 2010 le premier Premier ministre libéral des Pays-Bas depuis 1918.

"Garder ce pays stable et en sécurité"

Né le 14 février 1967 dans un quartier chic de La Haye, la ville où siège le gouvernement et où il a grandi, il est le cadet d'une famille de sept enfants et voulait devenir pianiste. La mort de son frère du sida en 1989 l'a fortement affecté, avait confié récemment ce diplômé d'histoire.


Mark Rutte a travaillé pendant 10 ans pour le géant de l'agro-alimentaire Unilever, notamment dans les ressources humaines, avant de se consacrer à temps plein à la politique dès 2002 en devenant secrétaire d'Etat aux Affaires sociales, jusqu'en 2004. Alors que son parti termine en tête des élections législatives de juin 2010 avec 31 sièges de députés sur 150, il devient en octobre 2010 le Premier ministre d'un gouvernement minoritaire de centre droit soutenu par les députés du parti d'extrême droite de Geert Wilders. Mais en avril 2012, il remet la démission de son gouvernement après l'échec de sept semaines de négociations sur la réduction du déficit public.


Peu attaché aux conventions sociales, selon ses biographes, Mark Rutte ne possède que des voitures d'occasion et continue d'occuper l'appartement acheté après ses études. Installé dans ses habitudes, il mange indonésien le samedi soir avec sa mère, maintenant âgée de plus de 90 ans, tandis qu'on l'aperçoit parfois le vendredi soir à la pizzeria du coin, en sweat, jeans et baskets. Affable, il sait éviter habilement avec humour les questions gênantes lors des conférences de presse et débats parlementaires, ce qui lui vaut le surnom de "Premier qui botte en touche en souriant".

L'Europe félicite Mark Rutte de sa "nette victoire contre les extrémistes"

Peu après l'annonce des premières estimations, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a félicité Mark Rutte de sa "nette victoire" et a a salué "un vote contre les extremistes". Ce qui est également le cas de François Hollande, pour qui "les valeurs d'ouverture, de respect de l'autre et de foi en l'avenir de l'Europe sont la seule véritable réponse aux pulsions nationalistes et de repli sur soi qui secouent le monde".

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