"Revenge Porn" : des Etats américains interdisent la vengeance par le sexe

"Revenge Porn" : des Etats américains interdisent la vengeance par le sexe

SEXE - L'Utah vient d'adopter une loi interdisant la diffusion de photos intimes dont sont victimes des milliers de femmes, dans le cadre du "revenge porn" (vengeance par le porno). La Californie en avait fait autant en octobre, et les Britanniques pourraient bien leur emboîter le pas.

On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. D'autres le préfèrent chaud. Très chaud. Le "Revenge porn", ou vengeance par le porno, est une tendance pas très catholique qui se propage aux Etats-Unis. Elle consiste à diffuser des photos ou des vidéos intimes d'une personne pour se venger , après une rupture notamment. L'explosion du phénomène est telle que certains Etats ont légiféré pour condamner cette pratique, assimilée à une infraction sexuelle. Le New Jersey l'a fait en 2004, la Californie en octobre dernier, l'Utah vient de lui emboîter le pas. Désormais, le fait de prendre une personne en photo (ou de la filmer) puis de publier les images dans le but de nuire est strictement interdit et sévèrement réprimé dans ces trois Etats : un contrevenant risque six mois de prison ferme et 1000 dollars d’amende.

En janvier dernier, l'arrestation de Hunter Moore aux Etats-Unis, l'homme "le plus détesté d'Internet", avait fait sensation dans la presse. Son crime : s'être offert les services d'un hacker (spécialiste de la sécurité informatique) pour alimenter son site de photos compromettantes. Plus récemment, les deux administrateurs d’un autre site ont été condamnés par un tribunal de l’Ohio à verser 385.000 dollars (plus de 279.000 euros) à l'une de leurs victimes.

Plus de 300.000 visiteurs uniques par jour

Il faut dire que le marché est très juteux : certains sites spécialisés parviennent à récolter 30.000 dollars (soit plus de 20.000 euros) de recettes publicitaires par jour, et rassemblent plus de 300.000 visiteurs uniques quotidiennement. Le combat d'une mère de 53 ans, Charlotte Laws , dont la fille est une victime, a sans doute permis aux autorités de prendre au sérieux ce phénomène viral. C'est elle qui a harcelé Hunter Moore pendant des mois, conduisant à son arrestation. C'est elle aussi qui a permis aux langues des victimes de se délier. Tenace, elle a fédéré une centaine d'entre elles pour lancer une action civile en justice contre les auteurs de ces diffusions intimes. Et forcer la loi à réagir.

Si la France semble pour l'heure relativement épargnée, le phénomène commence également à prendre de l'importance outre-Manche. L'histoire d'une jeune étudiante en droit, dont une vingtaine de photos ont été publiées sur les réseaux sociaux, a ému une Britannique qui a lancé une pétition en ligne. Jusqu'ici, quelque 2000 personnes ont signé le "Ban revenge porn in the UK" ("Bannir la revanche du porno au Royaume-Uni"). Il en faudra 100.000 pour obliger le Parlement de Londres à légiférer.

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