Birmanie : les violences contre les Rohingyas, "exemple classique de nettoyage ethnique"

CRISE - Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a dénoncé à son tour lundi les violences exercées par la Birmanie contre les membres de la minorité musulmane rohingya. Plus de 300 000 personnes ont déjà fui au Bangladesh en une quinzaine de jours.

Jour après jour, les informations qui filtrent sur le sort des Rohingyas sont de plus en plus alarmantes. Lundi 11 septembre, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a dénoncé une “opération militaire cruelle” et estimé que le traitement de la minorité musulmane rohingya par la Birmanie s'apparentait à un "exemple classique de nettoyage ethnique" 


Des centaines de milliers de musulmans de cette communauté ont déjà fui le pays en un peu plus de deux semaines. "On estime à 313.000 le nombre de Rohingyas arrivés au Bangladesh depuis le 25 août", a ainsi indiqué Joseph Tripura, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU.

Des représailles "clairement disproportionnées"

Les Rohingyas fuient la répression du l’armée birmane, dont la violence a brutalement augmenté après une attaque meurtrière de rebelles rohingyas contre un poste de police fin août. Cette opération de rétorsion est "clairement disproportionnée", a affirmé le Haut-Commissaire de l'ONU: "J'appelle le gouvernement à mettre un terme à son opération militaire cruelle" et aux "discriminations généralisées". 


Traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste, les Rohingyas sont apatrides même si certains vivent dans le pays depuis des générations.

"Nous avons reçu de multiples rapports et des images satellites montrant des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages rohingyas, et des informations cohérentes faisant état d'exécutions extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite", a ajouté  Zeid Ra'ad Al Hussein.


Le Bangladesh a également dénoncé la semaine dernière la pose de mines dans la zone frontalière entre les deux pays, une série d'explosions ayant grièvement blessé des Rohingyas fuyant la violence. 


La pression monte depuis plusieurs jours sur le gouvernement birman d’Ang San Suu Kyi, qui  s’est pour l’heure contentée de dénoncer la "désinformation" des médias étrangers sur le sujet. Une pétition a été lancée pour que le prix Nobel de la Paix, qu’elle a reçu en 1991, lui soit retiré. Une telle distinction semblant peu compatible avec des soupçons de nettoyage ethnique.

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