Séisme au Mexique : pourquoi les trois premiers jours sont cruciaux pour retrouver des survivants

COMPTE À REBOURS - Les secours travaillent sans relâche depuis le très puissant tremblement de terre qui a secoué le Mexique mardi 19 septembre 2017. Objectif : venir en aide aux personnes qui se trouvent encore coincées sous les décombres. Et le temps presse car après 72 heures, les chances de survie chutent.

Survivre. Coûte que coûte. Leur nombre n'est pas établi, mais ils sont sans doute nombreux à être prisonniers des décombres après le puissant séisme qui a frappé le Mexique mardi. Des centaines de secouristes, certains venus du Japon, sont mobilisés pour tenter de leur porter assistance. Mais le temps presse. Car après 72 heures, les chances de survie diminuent beaucoup, explique à l'AFP le Dr Henri Julien, président de la Société française de médecine de catastrophe. 

Avec les effondrements des immeubles, les secours sont confrontés aux "emmurés"  et aux "incarcérés". Les "emmurés", prisonniers dans un recoin ou sous une cage d'escalier, peuvent se manifester en criant ou en tapant sur un tuyau qui conduit le son. Les "incarcérés", coincés sous des plaques de béton ou des piliers, souffrent d'une pression énorme sur les muscles. Ce syndrome d'écrasement ou "crush syndrome", pathologie typique des tremblements de terre, peut être aggravé par des plaies et des fractures. Lors du dégagement, le danger vient d'une libération dans le sang des toxines accumulées par les muscles, privés d'oxygène sous l'effet d'une compression prolongée. 

Ces toxines vont bloquer le fonctionnement des reins, entraînant une insuffisance rénale, avec un risque d'évolution mortelle.  Autant que possible, des traitements préventifs avec perfusion intra-veineuse sont administrés au blessé avant de le dégager pour réduire ce danger. Les possibilités de dialyse ne sont pas toujours suffisantes dans les pays touchés, vu le grand nombre de blessés, en plus des besoins habituels pour les malades insuffisants rénaux. Toutefois, des hôpitaux sous tente ou en conteneurs équipés avec des appareils de dialyse peuvent être envoyés sur place.

Une femme aurait été extraite des décombres deux mois après au Pakistan

Pour autant, rappelle le Dr Henri Julien, il existe toujours des cas de personnes retrouvées vivantes plus longtemps après, cas souvent qualifiés de "miraculeux". Il cite le cas, à Agadir dévastée par un séisme en 1960, d'un épicier coincé sous son comptoir, qui disposait d'eau et de nourritures et qui a pu en sortir trois semaines après. Il y a aussi celui d'une dizaine de nouveau-nés sortis vivants des décombres d'une maternité, dont les derniers le 28 septembre 1985, le 9e jour après le tremblement de terre ayant frappé Mexico, ajoute ce médecin, qui faisait partie des secours cette année-là au Mexique. La même belle histoire a failli se produire cette semaine encore. Mais les autorités mexicaines ont démenti le sauvetage de la petite Frida Sofia, provoquant la colère des Mexicains.

D'autres sources évoquent le cas d'une femme, au Cachemire (Pakistan) en 2005, qui aurait été extraite des décombres de sa maison deux mois après un séisme et qui aurait survécu en s'abreuvant du ruissellement de l'eau de pluie et en mangeant ce qu'elle avait sous la main. Le problème est donc de savoir à quel moment arrêter les recherches, à cause de ces cas de survie déjà observés, remarque le Dr Julien. Car on ne dispose pas d'études bien solides sur les possibilités réelles de survie, estime-t-il. Cela supposerait de rechercher la date de décès des victimes avec des autopsies, ce qui n'est pas fait vu les circonstances, relève-t-il.  

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Séisme meurtrier au Mexique

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