Suède : la police reconnaît avoir caché une vague d'agressions sexuelles

Suède : la police reconnaît avoir caché une vague d'agressions sexuelles

SUÈDE - Après les violences la nuit du Nouvel An en Allemagne, la police suédoise a reconnu avoir caché une vague d'agressions sexuelles lors des deux dernières éditions d'un festival de musique. Quelque 38 agressions sexuelles, dont deux viols, ont fait l'objet de plaintes.

Le phénomène pourrait prendre une ampleur internationale. La police suédoise a reconnu lundi avoir gardé pour elle les informations sur des dizaines d'agressions sexuelles commises à un festival de musique ces deux dernières années. La police a même dans un premier temps évoqué qu'une centaine d'hommes avaient été arrêtés à l'époque, avant de revenir sur ses propos.

Le quotidien Dagens Nyheter, qui a le premier informé du scandale, a affirmé que les agresseurs présumés étaient en majorité des demandeurs d'asile mineurs non accompagnés. Le journal a également cité un rapport de police sur une des deux éditions mentionnant que les soupçons s'étaient portés sur un groupe d'une cinquantaine d'adolescents afghans.

38 agressions sexuelles, dont deux viols

Ces révélations ont été faites après le tollé soulevé par la lenteur avec laquelle la police de Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne, a rendu publique l'ampleur des violences commises dans la nuit du Nouvel An. Plus de 500 plaintes, dont 40% pour agressions sexuelles, ont été déposées depuis le 1er janvier. Lundi, les autorités allemandes ont affirmé que la quasi-totalité des suspects de ces violences étaient d'origine étrangère.

Dans le cas suédois, quelque 38 agressions sexuelles, dont deux viols, ont fait l'objet de plaintes. Des agressions qui ont toutes été commises pendant les éditions 2014 et 2015 de We Are Sthlm, festival qui se déroule à Stockholm en août et se présente comme le plus grand d'Europe pour les adolescents.

"Un problème de démocratie pour notre pays"

"Nous aurions certainement dû révéler cette information, ça ne fait pas de doute. Pourquoi ça ne s'est pas fait, nous ne le savons tout simplement pas", a déclaré à l'AFP un porte-parole. Le directeur de la police nationale a assuré quant à lui que l'affaire ferait l'objet d'une "enquête interne" susceptible de déboucher sur des sanctions. Après chacune de ces deux éditions du festival, la police avait affirmé qu'il y avait eu "relativement peu de délits et de personnes interpellées comparé au nombre des participants".

L'information a fait réagir jusqu'au premier ministre. Selon lui, le fait que la police n'ait pas informé le grand public est "un problème de démocratie pour notre pays".

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