Syrie : Moscou et Washington annoncent un (fragile) cessez-le-feu

Syrie : Moscou et Washington annoncent un (fragile) cessez-le-feu

DIPLOMATIE - Washington et Moscou ont annoncé lundi l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu samedi 27 février en Syrie. Une déclaration accueillie avec prudence par plusieurs acteurs du dossier, dont la France et le Royaume-Uni, car sa mise en œuvre semble déjà incertaine.

Washington et Moscou parlent (enfin) d’une même voix sur le dossier syrien. Selon un communiqué commun entre les Etats-Unis et la Russie, un accord de cessez-le-feu entrera en vigueur le 27 février à minuit. Sauf que les obstacles s’amoncellent déjà pour que celui-ci soit couronné de succès : les groupes clés de l'opposition syrienne vont accepter "sous conditions". Et les chancelleries européennes émettent déjà leurs réserves.

Cette proposition de trêve semblait inespérée il y a encore peu. Elle intervient en effet près de trois semaines après l'échec de négociations de paix intersyriennes à Genève et au lendemain d'une vague d'attentats revendiqués par l'EI, à Homs (centre) contre des alaouites, et près de Damas contre des chiites, deux communautés "mécréantes" à ses yeux. "Emerge, enfin, une vraie chance de mettre fin à des années de sang et de violence", a tenu à réagir lundi soir Vladimir Poutine après un entretien téléphonique avec Barack Obama. Et le président russe d’ajouter : "Nous ferons le nécessaire avec Damas, avec les autorités légitimes syriennes. Nous comptons sur les Etats-Unis pour faire la même chose avec ses alliés et les groupes qu'elle soutient".

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"Nous serons très vigilants"

Cette interruption des hostilités ne concernera toutefois pas le groupe Etat islamique et le Front Al-Nosra, branche d'Al-Qaïda en Syrie, précise le communiqué. De facto, les opérations militaires de la coalition menée par les Etats-Unis, celles des forces armées syriennes et celles de la Russie "se poursuivront contre l'EI, le Front Al-Nosra ainsi que d'autres organisations terroristes désignées par le Conseil de sécurité des Nations unies".

Prudentes, les autorités françaises ont tenu à réagir en début de soirée par la voix de Jean-Marc Ayrault. "Un accord a été trouvé. Nous sommes en train d’en examiner les détails. Il y a urgence à ce qu’il soit mis en œuvre. Nous serons très vigilants sur sa mise en œuvre de bonne foi par toutes les parties concernées", a déclaré depuis Kiev le chef de la diplomatie française. Même précaution outre Manche : "Cet accord sera couronné de succès seulement s'il y a un changement majeur d'attitude de le part du régime syrien et de ses soutiens", a estimé le ministre des Affaires étrangères britannique, Philip Hammond.

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