Moscou annonce l'arrêt des raids aériens sur Alep en vue d'une trêve humanitaire

Moscou annonce l'arrêt des raids aériens sur Alep en vue d'une trêve humanitaire

Le drame d'Alep

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INITIATIVE - La Russie a annoncé un bref cessez-le-feu jeudi, pour évacuer les blessés et permettre aux familles de quitter la ville. Moscou a confirmé un arrêt des raids aériens russes et syriens dès ce mardi matin.

En grande généreuse qu’elle est, la Russie a annoncé une "trêve humanitaire" dans la ville syrienne d’Alep qu’elle ne cesse de bombarder. Les armées russe et syrienne suspendront "leurs frappes aériennes et tous les autres tirs" jeudi "de 08h à 16h" heure locale, avait dans un premier temps affirmé Moscou. Une décision prise "avant tout pour permettre aux civils de quitter (la ville) en toute liberté, pour évacuer les malades et les blessés et assurer le retrait des rebelles armés", selon le général Sergueï Roudskoï, de l'état-major russe. 

Les Nations unies réclament une trêve de 48 heures

Mais si les Nations unies et l’Union européenne ont salué ce geste, toutes deux ont estimé que le délai était insuffisant pour permettre aux convois humanitaires d’acheminer l’aide nécessaire aux civils. "Toute pause dans les hostilités est positive pour la population (...) mais nous avons besoin de plus de temps pour mettre en route la machine humanitaire", a déclaré le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric, parlant idéalement, d’une trêve d’au moins 48 heures. Moscou a donc confirmé que les armées syrienne et russe suspendaient leurs raids aériens sur Alep dès ce mardi matin.  Une décision "nécessaire pour la mise en oeuvre de la pause humanitaire", a déclaré le Kremlin. Aucune information ne mentionne cependant ce qu'il en est pour les opérations au sol. 

L'UE met en garde la Russie

La situation à Alep demeure très préoccupante. "Il y a encore des familles sous les gravats (...) Les hôpitaux sont débordés. C'est un désastre", a déploré un ambulancier, après un raid qui a coûté la vie à des dizaines de personnes lundi. La ville vit depuis plusieurs mois sous un déluge de bombes russes et syriennes, dont l’intensification ces dernières semaines a conduit à la destruction de plusieurs écoles, hôpitaux et habitations. L'Union européenne a condamné l'attitude de la Russie dans ce conflit, sans envisager de sanctions, mais en avertissant qu'elle était passible de poursuites pour "crimes de guerre" en participant aux bombardements. 

"Depuis le début de l'offensive par le régime et ses alliés, particulièrement la Russie, l'intensité et l'échelle des bombardements aériens sur Alep-est est clairement disproportionnée", a écrit l'UE. "Et le ciblage délibéré d'hôpitaux, de personnels médicaux, d'écoles et d'infrastructures vitales, tout comme l'usage de bidons d'explosifs, de bombes à sous-munitions et d'armes chimiques constituent une escalade catastrophique du conflit". En outre, ces frappes "pourraient constituer des crimes de guerre" pouvant être soumis à la Cour pénale internationale (CPI).

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