Syrie : pourquoi les Etats-Unis vont envoyer des forces spéciales dans le nord du pays

Syrie : pourquoi les Etats-Unis vont envoyer des forces spéciales dans le nord du pays

DECRYPTAGE - Les Etats-Unis ont annoncé vendredi l'envoi pour la première fois d'un contingent de soldats d'élite en Syrie. Une annonce qui intervient au moment où les principaux acteurs diplomatiques du dossier syrien étaient réunis à Vienne pour des pourparlers en vue d'un règlement politique du conflit.

Après les avions russes, les soldats américains. Washington a annoncé ce vendredi le déploiement sur le sol syrien d’un petit contingent de forces spéciales. Ceux-ci, "moins de 50 militaires", devraient ainsi participer à l'effort de guerre contre le groupe Etat islamique. Une décision sans précédent, Barack Obama, s'étant jusqu'ici refusé à le faire officiellement et préférant le recours aux bombardements aériens.

"Coordonner les troupes locales sur le terrain"

"Le président (Barack Obama) a autorisé le déploiement d'un petit effectif - moins de 50 - de forces d'opérations spéciales américaines dans le nord de la Syrie", a confié un cadre de l'administration américaine. Ces soldats d'élite au sol en Syrie "aideront à coordonner les troupes locales sur le terrain et les efforts de la coalition pour contrecarrer l'EI", a expliqué ce responsable, sans être plus précis. Par ailleurs, un autre responsable a confirmé que l'armée américaine allait déployer des avions d'attaque au sol A-10 et des chasseurs F-15 sur une base aérienne turque, également dans le cadre de la lutte de la coalition internationale contre le groupe djihadiste EI.

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L’annonce de ce rebondissement ne doit rien au hasard : elle intervient alors qu’une vingtaine de diplomaties se retrouvent à Vienne pour discuter du dossier syrien. Un dossier dans lequel plusieurs protagonistes se disputent le devant de la scène. Tout d’abord la Russie, qui "fête" son premier mois dans le ciel syrien, marqué par un millier de raids qui ont causé 595 morts. En outre, l'Iran, allié du régime de Damas, participe aux discussions pour la première fois, et officialise son retour dans la communauté internationale quelques mois après la signature d'un accord sur son potentiel nucléaire.

Vladimir Poutine, un "opportuniste"

Même si Washington ne nourrit pas d'espoir d'une solution immédiate, nul doute que l’officialisation de  l'envoi de troupes américaines – aussi peu nombreuses soient elles – devrait permettre à Washington de bomber le torse autour de la table. Même si la présence des Etats-Unis sur le sol syrien est un secret de polichinelle : en mai dernier, l’administration Obama avait donné son feu vert à une opération dans l’est syrien visant à tuer Abou Sayyaf, un responsable de l'EI qui supervisait les opérations militaires du groupe ainsi que son trafic de pétrole. Preuve de l’ingérence américaine sur place, ce cadre de l’organisation terroriste avait échappé aux radars de la plupart des observateurs. Il avait fallu attendre l’intervention américaine pour que son rôle au sein de Daech soit vraiment mis en lumière.

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En outre, cette ingérence des Etats-Unis vise à rattraper leur retard face au géant russe, omniprésent en Syrie depuis plusieurs semaines. Washington n’a jamais caché son amertume, multipliant les critiques à l’égard de l’action de Vladimir Poutine. "Je me demande personnellement s'il a une stratégie de long terme ou s'il est très opportuniste, au jour le jour", a d’ailleurs déclaré jeudi le directeur du renseignement américain James Clapper. Les Etats-Unis, qui pilotent depuis plus d'un an une coalition militaire internationale contre l'EI en Syrie et en Irak, accusent également la Russie d'avoir mené neuf raids contre cinq hôpitaux et centres de soin dans des régions tenues par les rebelles syriens, tuant des civils et du personnel médical.

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