Terrorisme : les connexions entre les attentats de Paris et de Bruxelles

Terrorisme : les connexions entre les attentats de Paris et de Bruxelles

TERRORISME – Les frères El Bakraoui et Najim Laachraoui ont servi de bombes humaines aux attentats perpétrés le 22 mars dans l’aéroport international et dans le métro de Bruxelles. Des hommes dont les noms étaient apparus dans le dossier des attaques du 13 novembre à Paris.

Quatre mois séparent les attentats de Paris et de Bruxelles. Et trois hommes, les frères El Bakraoui et Najim Laachraoui, semblent aujourd’hui en être le trait d’union. Khalid et Ibrahim El Bakraoui ont été identifiés comme étant deux des kamikazes des attaques perpétrées mardi 22 mars dans l’aéroport international de Zaventem et le métro de Bruxelles. La confirmation par le parquet fédéral ce mercredi matin de leur implication dans les événements sanglants de la veille a signé le premier lien avéré entre les commandos des deux capitales.

Laachraoui, artificier devenu bombe humaine

Leur nom était en effet apparu dans le dossier français lors de l'opération qui a conduit à la neutralisation de Salah Abdeslam, vendredi 18 mars. Le plus jeune des frères, Khalid, âgé de 27 ans, aurait loué sous un faux nom une planque à Charleroi qui avait servi de base arrière au commando des attentats du 13 novembre. C’est également lui qui aurait loué l’appartement du 60, rue du Dries à Forest, où Salah Abdeslam avait visiblement trouvé refuge avant son arrestation. La perquisition des enquêteurs menée sur place mardi 15 mars avait débouché sur une fusillade à l’issue de laquelle le suspect le plus recherché d’Europe avait réussi à s’échapper par les toits. Durant l’opération de police, Mohamed Belkaid, logisticien présumé des attentats de Paris, avait été abattu. Trois jours plus tard, Salah Abdeslam était finalement cueilli par la police à Molenbeek.

Le troisième homme, qui s'est fait exploser ce mardi à l'aéroport international de Bruxelles-Zaventem, a été identifié ce mercredi soir comme étant Najim Laachraoui. Il est également soupçonné d'être l'artificier des attentats du 13 novembre. Son ADN avait été découvert dans plusieurs habitations ayant servi à la cellule terroriste parisienne ainsi que sur du matériel explosif utilisé lors des attaques du 13 novembre. 

EN SAVOIR + >> Mourad Laachraoui "condamne fermement" les actes de son aîné

Le testament confus d'El Bakraoui

Si les pièces commencent à s’assembler, "le puzzle est loin d’être terminé", comme l’avait annoncé le procureur Frédéric Van Leeuw au lendemain de la capture d’Abdeslam. Car si les frères El Bakraoui, étaient des figures notoires du grand banditisme belge, ils n'avaient jusque-là jamais été liés à des affaires de terrorisme. 

En 2010, Ibrahim avait été condamné à neuf ans de prison pour avoir ouvert le feu avec une kalachnikov sur des policiers au cours d’un braquage aux côtés de deux comparses. Son avocat de l’époque, contacté par metronews, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Un an après, c’est son frère Khalid qui avait plongé pour des vols avec violences et des car-jacking. Il avait pris cinq ans. Les deux frères se sont-ils radicalisés en prison ? Comment ont-ils connu Salah Abdeslam ? Dans le testament retrouvé sur son ordinateur, Ibrahim El Bakraoui explique avoir agi "dans la précipitation, ne plus savoir quoi faire, être recherché de partout, ne plus être en sécurité". De manière confuse, il poursuit en affirmant que "s’il s’éternise, il risque de terminer à côté de lui dans une cellule". De qui parle-t-il ? De Salah Abdeslam, incarcéré à Bruges depuis une semaine, ou de son troisième frère, qui, selon la RTBF, dort actuellement en prison ? Ni le procureur belge, qui a tenu une conférence de presse ce mercredi, ni les enquêteurs n'ont pour l'heure levé ces zones d'ombre. 

EN SAVOIR +
>> Portrait : qui sont les frères El Bakraoui ?
>>  Ce que l'on sait de Najim Laachraoui

Les tags

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques