Tout savoir sur Daech : zoom sur Raqqa, la capitale de l'Etat islamique

Tout savoir sur Daech : zoom sur Raqqa, la capitale de l'Etat islamique

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SYRIE - Le bastion du groupe Etat islamique a été intensément bombardé dimanche soir, deux jours après les attentats à Paris. Des représailles symboliques, tant cette ville syrienne incarne la toute puissance de Daech.

La cible des frappes françaises dimanche soir, en représailles aux attentats qui ont endeuillé Paris ce week-end, ne doit rien au hasard. Les chasseurs-bombardiers on lâché 20 bombes sur Raqqa, le fief du groupe Etat islamique, devenu sa "capitale" depuis l’été 2013.

Avec son pendant irakien Mossoul, cette ville du nord de la Syrie constitue la vitrine des djihadistes.
C’est là où l’organisation a créé ses tribunaux, sa police et même sa propre monnaie. "Dès le premier jour, l'EI a appliqué une politique de terreur, perpétrant des exécutions, des décapitations et des crucifixions", avait affirmé à l’époque via Internet un militant du groupe "Raqqa is Being Slaughtered Silently" ("Raqqa est massacrée en silence"), lequel dispose d'un bureau dans la ville turque de Gaziantep. "Ils ont enlevé les militants, imposé le niqab (voile intégral) aux femmes, interdit les jeans et même les chaussures en couleurs", avait-il assuré.

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Entre 3.000 et 4.000 combattants sur place

Sur place, les femmes ne peuvent sortir dans la rue sans un référent masculin et sans porter le niqab. Même les hommes reçoivent des conseils vestimentaires, rapporte la chaîne quatari Al Jazeera : pantalons amples retroussés aux chevilles ou rentrés dans les chaussettes sont recommandés. Pour tous, la musique, à l'exception des chants religieux, est interdite. Les cartes d'identité syriennes ont été remplacés par des cartes portant le sceau du califat.

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Magasins achalandés, terrasses et restaurants... Sur Internet, les vidéos de propagande illustrant une ville modèle pullulent. La réalité serait toute autre : si Daech règne toujours en maître dans cette ville de 200.000 habitants, la situation se serait nettement dégradée ces dernières semaines. "Jihadi John", qui aurait été abattu la semaine dernière, circulait à ce moment-là dans la ville. Selon les témoignages recueillis ces dernières semaines, la cité vacillerait : les combattants, qui seraient entre 3.000 et 4.000, sont susceptibles d'être la cible de frappes de la coalition ou de tirs de drone.

"Je suis de plus en plus inquiet. Je suis coincé ici alors que je n’ai qu’une envie : m’échapper. Beaucoup sont comme moi, ils veulent partir même s’ils ont trop peur pour le dire ouvertement. Inch Allah, nous réussirons", a reconnu début novembre auprès de Libération un djihadiste. Selon ce dernier, "il y a de moins en moins de monde qui vient chaque mois."

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