Tunisie : la crainte d’un soulèvement, cinq ans après le départ de Ben Ali

Tunisie : la crainte d’un soulèvement, cinq ans après le départ de Ben Ali

AFFRONTEMENTS - Un couvre-feu nocturne a été décrété ce vendredi dans toute la Tunisie. Il intervient après plusieurs jours d'une contestation sociale inédite par son ampleur et sa durée depuis la révolution de 2011.

Comme un air de déjà vu. Cinq ans après la chute du régime de Ben Ali, la Tunisie vacille à nouveau sous le poids d’une contestation sociale qui s’étend aux quatre coins du pays. A tel point que le ministère de l’Intérieur a décrété vendredi 22 janvier la tenue d'un couvre-feu nocturne.

Un contestataire électrocuté

Tout a débuté samedi dernier, dans la région défavorisée de Kasserine, dans le centre de la Tunisie. C’est là que Ridha Yahyaoui est mort électrocuté après être monté sur un poteau. Ce jeune chômeur protestait avec d'autres contre son retrait d'une liste d'embauches dans la fonction publique. Sa mort a aussitôt mis le feu aux poudres, comme ce fut le cas, fin 2010, avec Mohamed Bouazizi, qui s'était immolé par le feu à Sidi Bouzid.

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En 2015, le pays fait figure de rescapé du "Printemps arabe" mais ne parvient pas à s'extirper du marasme économique. Situation que n'a pas amélioré son statut de cible privilégiée de Daech. D'où des manifestations violentes contre la misère : dans la nuit de jeudi, des actes de "pillages" et de "saccages" ont été enregistrés à Cité Ettadhamen, un quartier populaire du Grand Tunis. Deux magasins ainsi qu'une agence bancaire ont été saccagés. Les heurts avec les forces de l'ordre ont duré "jusqu'à cinq heures du matin" et au moins "seize personnes" ont été arrêtées, a indiqué un haut responsable de la Garde nationale (gendarmerie), le colonel Khalifa Chibani, sur Mosaïque FM.

"Nous n'avons pas de baguette magique"

Acculé, le chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi doit s’exprimer dans la soirée. Le Premier ministre Habib Essid, lui, a dû écourter une tournée en Europe en raison des évènements. Il rentrera vendredi soir en Tunisie après une rencontre à Paris avec le président français François Hollande, a indiqué la présidence du gouvernement.

Habib Essid réunira ce samedi une cellule de crise et un conseil des ministres exceptionnel, avant une conférence de presse. Pas sûr que cette dernière comporte des annonces. Depuis Paris, le Premier ministre a donné le ton : "Nous n'avons pas de baguette magique pour donner de l'emploi à tout le monde en même temps. Il y a des priorités, des mesures urgentes ont été prises", mais "la création d'emplois demande énormément d'efforts".

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