Ukraine : où en est-on, un an après les accords de Minsk ?

Ukraine : où en est-on, un an après les accords de Minsk ?

DECRYPTAGE - Une réunion sur le processus de paix en Ukraine doit se dérouler ce jeudi à Paris. Objectif : faire le point sur la mise en œuvre des accords de Minsk, au point mort ces dernières semaines dans un pays où les tensions ont repris.

Pour son premier déplacement avec ses habits de patron de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault s’était envolé pour Kiev. Un choix loin d’être anecdotique : un an après les accords de Minsk, l’Ukraine redevient peu à peu une poudrière. Cette dernière sera au cœur des discussions ce jeudi à Paris, où les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, allemand et français se réunissent.

Au menu des discussions : le processus de paix. Il faut dire que celui-ci semble au point mort, tant les violations du cessez-le-feu dans l’Est du pays se multiplient entre séparatistes et forces ukrainiennes. La Russie est accusée par Kiev d'avoir quelque 8.500 hommes sur le terrain, ce que Moscou a toujours démenti. En outre, selon le président ukrainien Petro Porochenko, l'accès des observateurs internationaux de l'OSCE à toutes les zones de conflits sera également bloqué par le voisin russe.

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"Ce n’est plus possible !"

"Une situation complexe qui engendre une crise humanitaire selon la Croix Rouge, qui a encore envoyé la semaine dernière des camions de vêtements dans la région. "Il faut que l’Ukraine revienne sur l’écran radar avant que ces déplacés ne deviennent des réfugiés ! […] Sur place, on voit bien que ce n’est plus possible !", s’est alarmé Antoine Peigney, directeur des opérations internationales de l’association.

Problème : un règlement du conflit passe par un accord politique. Or là aussi, la situation patine. La coalition proeuropéenne au pouvoir depuis deux ans a perdu sa majorité, et les relations entre le président Porochenko et son Premier ministre Arseni Iatseniouk sont houleuses. Les deux hommes doivent pourtant maintenir un semblant de cohésion s’ils ne veulent être contraints à des élections anticipées... et voir les accords de Minsk inapplicables, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle crise.

On comprend mieux l’implication des chancelleries européennes à trouver une issue favorable sur le terrain. "Je crois fermement que l'application des accords de Minsk est le seul moyen de progresser vers une solution politique durable" en Ukraine, a encore affirmé lundi le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier.

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