Un mois de bombardements russes en Syrie : quel impact ?

Un mois de bombardements russes en Syrie : quel impact ?

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Parmi la vingtaine de diplomaties qui se penchent ce vendredi à Vienne sur l’avenir de la Syrie, la voix de Sergueï Lavrov devrait sans nul doute parvenir à se faire entendre. Le ministre russe des Affaires étrangères est en effet devenu incontournable, ses avions bombardant depuis un mois le sol syrien. Avec un but : soutenir l'offensive au sol des forces du régime de Bachar al-Assad. Mais pour quel bilan ? Éléments de réponse.

Où la Russie frappe-t-elle ?
Selon un décompte établi à partir des communiqués du ministère russe de la Défense et des déclarations du chef de l’opération militaire en Syrie, le général Andreï Kartapolov, l’armée russe a bombardé 1623 cibles "terroristes" lors de 1391 raids aériens dans 10 des 14 provinces du pays. Certes, des fiefs djihadistes comme Raqa et Deir Ezzor ont été touchés, mais la majorité des bombardements ont ciblé des provinces - Hama (centre), Homs (centre) - où les forces gouvernementales combattent les rebelles.

Quel est son arsenal ?
La Russie possède depuis 1971 une base navale logistique à Tartous (ouest) mais elle agit principalement à partir de l'aéroport militaire mis à sa disposition par le régime dans la province de Lattaquié. Ces deux bases sont protégées par des centaines de parachutistes et commandos de marine, qui n'interviennent pas sur le théâtre des opérations. Le 7 octobre, le ministère a indiqué que des bâtiments de guerre croisant en mer Caspienne avaient lancé 26 missiles de croisière contre 11 cibles en Syrie.

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Quels sont les groupes visés ?
La Russie affirme que ses opérations visent l'EI et les autres "terroristes", mais les Occidentaux lui reprochent de frapper principalement les rebelles modérés et islamistes plutôt que l'EI. En effet, plusieurs provinces visées comme Hama, Lattaquié et Idleb comptent une présence relativement faible de l'EI. Les organisations modérées, soutenues par les États-Unis, ont accusé Moscou de les viser directement. Le groupe Souqour al-Jabal a ainsi affirmé début octobre que les avions russes avaient ciblé son dépôt d'armes dans la province d'Alep.

Combien de morts ?
Les frappes menées par la Russie ont fait 595 morts dont deux tiers étaient membres de groupes armés et un tiers des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Selon un décompte effectué jusqu'à jeudi, 279 rebelles modérés et islamistes alliés au Front al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda, ont été tués, ainsi que 131 djihadistes du groupe Etat Islamique (EI). 185 civils dont 46 femmes et 48 enfants ont péri. Moscou dément de son côté avoir tué des civils.

En comparaison, les raids menés par la coalition conduite par les États-Unis depuis 13 mois ont fait, selon l'OSDH, 3.649 morts dont 3.276 combattants de l'EI, 147 du Front al-Nosra et d'autres groupes islamistes. 226 civils ont été tués - 6% des victimes -, dont 65 enfants et 40 femmes.

Qu'est-ce qui a changé sur le terrain ?
L'intervention russe a redonné le moral aux forces du régime qui reculaient face aux rebelles. Elles ont lancé leur première offensive terrestre le 7 octobre dans le nord de la province centrale de Hama. Leur but : reprendre le contrôle de l'autoroute internationale reliant Homs à Alep, la capitale économique du pays. Mais les résultats sont mitigés car après avoir repris plusieurs localités aux rebelles, elles n'ont réussi à en conserver que trois. Dans le sud d'Alep, les forces gouvernementales ont pris le contrôle de six villages et de collines, selon l'OSDH. L'armée dit avoir pris 50 villages et hameaux, soit environ 120 km2. Dans le même temps, l'EI s'est emparé de larges portions de l'unique route tenue par le gouvernement reliant Homs à Alep. Aujourd'hui, les 500.000 habitants des quartiers d'Alep tenus par le régime syrien sont coupés du monde.

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