Un policier poursuit en justice le jeune homme qu'il a abattu dans le dos

Un policier poursuit en justice le jeune homme qu'il a abattu dans le dos

VIOLENCES POLICIERES - Après avoir tiré mortellement sur un jeune homme de 19 ans le 26 janvier, un policier américain a entamé des poursuites contre le jeune homme. Ce qu'il reproche au défunt ? Son stress post-traumatique.

Le calice jusqu'à la lie. A Chicago, la famille de Quintonio LeGrier, en plus d'avoir perdu son fils de 19 ans dans des circonstances dramatiques, va devoir faire face à une procédure judiciaire intentée contre elle par... le policier responsable de sa mort.

Sept tirs, deux victimes

Ubuesque, trouvez-vous ? Ce n'est pas fini. Non content d'avoir mortellement touché l'adolescent afro-américain à sept reprises (dont quatre dans le dos), le policier, Robert Rialmo, a décidé de poursuivre le défunt pour le stress post-traumatique qu'il a suivi. On précisera, pour terminer, que, dans ce qu'il appelle son "excès d'émotion", le policier a accidentellement tué une voisine en lui tirant dans la poitrine.

Les circonstances de ce drame, qui s'est joué le 26 décembre dernier, sont encore très confuses. Si l'agent Rialmo fait état d'une tentative d'agression de la part de LeGrier, il apparaît rapidement que le jeune homme souffre de problèmes mentaux, qui peuvent le rendre inapte à obéir aux ordres d'un policier. L'enquête démontre également que Quintonio LeGrier, dont on ne sait quasiment rien du comportement face à Rialmo, a appelé le 911 pour réclamer le secours de la police, peu de temps avant d'essuyer les tirs. Le standard lui avait alors envoyé... celui qui le tuerait.

L'affaire ne pouvait tomber à pire moment pour la police de Chicago, déjà empêtrée dans une autre histoire de jeune Afro-américain abattu après avoir reçu seize balles. Un déchaînement de violence filmé par les caméras de vidéo-surveillance de la ville, et qui a valu aux forces de l'ordre de subir l'ire de l'opinion publique. Une colère collective d'autant plus forte que les cadres de la police sont soupçonnés d'avoir voulu cacher la vérité en modifiant les bandes vidéo qui sont apparues.

Une habitude des policiers

Qu'un policier soupçonné d'avoir abusivement tiré sur une personne choisisse de poursuivre cette dernière n'a pourtant rien de nouveau, rappelle le site Thinkprogress . Voilà peu de temps, des procureurs de New York avaient entamé une poursuite contre la victime collatérale – et non armée – de tirs policiers. La raison ? Agression. La victime aurait gêné la police au moment où elle essayait d'appréhender un suspect.

Pour leurs détracteurs et les avocats des familles , il s'agit ni plus ni moins d'une tentative de détourner l'attention. En attaquant le jeune homme, même après sa mort, les défenseurs de Rialmo pensent pouvoir gagner du temps et faire "oublier" que leur client a tiré quatre fois dans le dos d'une personne qui, supposément, l'avait agresser.

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