VIDÉO - Catalogne : Carles Puigdemont tend la main à Madrid, qui reste inflexible

DECLARATION - Le président catalan Carles Puigdemont s'est exprimé devant le Parlement régional, ce mardi 10 octobre. Un discours d'une demi-heure au cours duquel il a rappelé les résultats du référendum d'autodétermination. Avant d'entériner le droit à l'indépendance de la Catalogne, tout en tendant la main à Madrid. Un exercice d'équilibriste.

Il devait déclarer l'indépendance, selon les observateurs mais il faudra attendre un peu. Carles Puigdemont a renoncé mardi soir à franchir le pas. A la place, il a évoqué une  "suspension" de cette déclaration d'indépendance pour entamer le dialogue avec le gouvernement espagnol. 


Une position qui a semé la confusion car il n'a donné aucun délai précis lors de cette allocution. Il a simplement déclaré : "Le gouvernement de Catalogne et moi-même proposons de suspendre les effets de la déclaration d'indépendance". Dans une première réaction, le gouvernement espagnol a estimé qu'une "déclaration implicite d'indépendance (....) n'est pas admissible", a indiqué un porte-parole de l'exécutif à l'AFP.

Le Parlement catalan placé sous haute sécurité

Le Parlement était placé sous sécurité maximale et protégé par des dizaines de fourgons de police, alors qu'un hélicoptère de la police catalane tournait dans le ciel. La présence policière était également renforcée dans les points stratégiques de la ville, notamment les gares et l'aéroport. La séance devant le Parlement a commencé dans la confusion lorsque les parlementaires se sont levés avant que la séance ne commence. 


Puis, la presse espagnole a indiqué que le discours était retardé d'une heure "en raison de contacts pour une médiation internationale", selon un porte-parole du gouvernement catalan. A l'heure dite du report, Carles Puigdemont a entamé son discours en déclarant que la Catalogne était un "enjeu européen" et que celle-ci se trouvait dans un moment "très grave". Il a appelé à un apaisement des tensions. "Nous avons tous des différences, des désaccords, des choses qui nous séparent mais nous faisons partie d'un même peuple", a-t-il déclaré. 


Il a ensuite expliqué qu'il avait reçu un "mandat" des Catalans travers le référendum du 1er octobre, destiné à  "transformer la région en un Etat indépendant sous forme de république" : "La Catalogne a gagné le droit de devenir un Etat indépendant". ll a ensuite dénoncé le refus "radical" de Madrid de négocier et les violences policières dont ont été victimes les électeurs catalans. "Je veux vous demander de faire des efforts. "Nous ne sommes pas des déliquants, nous ne sommes pas fous, nous ne voulons pas faire de coup d'Etat, nous voulons voter (...) nous n'avons rien contre l'Espagne et contre les Espagnols. Nous voulons mieux nous entendre (...) Cette situation n'est plus viable", a dit Carles Puigdemont. 


Puis, il a tendu la main au gouvernement espagnol. "Nous proposons que le Parlement fasse en sorte qu'au cours des prochaines semaines, un dialogue soit organisé. Il est nécessaire de faire baisser les tensions. Il faut une volonté claire de répondre aux exigences du peuple (...) Nous sommes disposés à ouvrir un temps de dialogue", a-t-il poursuivi. Et de conclure : "Nous voulons un avenir digne pour nos fils et nos filles et que tous ceux qui souhaitent s'installer en Catalogne soient les bienvenus". 

Le gouvernement espagnol campe sur ses positions

En ouvrant le dialogue avec Madrid, Carles Puigdemont a renvoyé la balle dans le camp du gouvernement mais ce dernier reste inflexible. Il a estimé ce mardi soir que la stratégie du président séparatiste catalan, déclarant implicitement l'indépendance, n'était "pas admissible", tout comme son offre postérieure de suspendre celle-ci, a déclaré un porte-parole à l'AFP. "Une déclaration implicite d'indépendance, suivie ensuite d'une suspension explicite (...) n'est pas admissible" a déclaré ce porte-parole.


Une réaction attendue puique ces derniers jours à Madrid, le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy avait laissé entendre qu'en cas de déclaration unilatérale d'indépendance, il pourrait suspendre l'autonomie de la région, une mesure jamais appliquée dans cette monarchie parlementaire extrêmement décentralisée. 

De nombreuses questions demeurent désormais sur la mise en oeuvre d'une éventuelle indépendance dans une région qui a d'ores et déjà la main sur l'éducation, la santé et la police mais où les finances et le contrôle de l'espace aérien, des infrastructures (ports, aéroports, réseau ferroviaire, télécommunications, etc.) et de l'armée restent entre les mains de l'Etat central.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le référendum d'indépendance en Catalogne

Plus d'articles

Sur le même sujet