VIDÉO - Syrie : Bana, 7 ans, interpelle le monde en racontant l'agonie d'Alep sur Twitter

Le drame d'Alep

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TÉMOIGNAGE - Bana Al-Abed vit à Alep avec sa famille. Depuis le mois de septembre, sa mère lui a créé un compte Twitter, qui rencontre de plus en plus d'écho, pour qu'elle puisse raconter son quotidien.

"Nous n’avons désormais plus de maison. Je suis légèrement blessée. Je n’ai pas dormi depuis hier, j’ai faim. Je veux vivre, je ne veux pas mourir." Voici le dernier message publié sur Twitter par Bana Al-Abed, lundi soir, alors que les bombardements faisaient rage sur les quartiers est d'Alep. Depuis, ses 167.000 abonnées sont sans nouvelle de cette petite Syrienne de 7 ans qui, depuis septembre, raconte dans un anglais simple son quotidien dans un pays en guerre.

Réveils en pleine nuit, bombardements, vidéos des panaches de fumée, mais aussi moments de détente avec ses amies… la fillette livre "son" regard aux internautes. "Bana est renfermée et distraite : quatre heures de sommeil par nuit est un miracle pour elle sous les bombes. Elle veut sortir et aller à l’école, mais ne peut pas faire grand-chose à part rester à la maison et colorier ou jouer avec les enfants des voisins", a témoigné sa mère, qui utilise également le compte Twitter de sa fille pour faire passer des messages. C'est elle qui, en septembre, l'a créé face aux interrogations de sa fille qui lui demandait : "Pourquoi personne ne nous aide ?".


Fatima lançait ainsi le 25 novembe : "Autorisez les convois de nourriture. Autorisez-les… Autorisez-les s'il vous plaît pour les milliers de personnes affamées. Pourquoi est-ce un problème ?". 

Quelques heures auparavant, Bana, elle, publiait une photo d'elle en compagnie de deux autres enfants : "Bonne après-midi mes amis. On vous aime."

Au fil des semaines, le compte de la petite Syrienne devient de plus en plus suivi, parfois par des personnalités. Ainsi, le 21 novembre, Fatima s'adresse à JK Rowling : "Hello ! J'ai vu le film Harry Potter, Bana voudrait lire le livre." Quelques heures plus tard, Neil Blair l'agent de l'écrivain lui répond : "Bana, je travaille pour Jo. Serais-tu capable de lire un livre électronique ? Si c'est le cas, je serais ravie de t'en envoyer un." "Excellente idée Neil, j'y ai pensé toute la matinée !", ajoute dans la foulée JK Rowling.

Ces moments de détente sont néanmoins rares, si l'on en croit la timeline de l'enfant. Le 24 novembre, une photo d'une fillette tuée par un bombardement était postée, assortie d'un commentaire : "Oh cher monde, je pleure ce soir, voici mon amie tuée par une bombe ce soir. Je ne peux pas m'arrêter de pleurer." 

Un drame qui illustre la situation "effrayante" décrite ce mardi par l'ONU. A Alep-Est, qui est contrôlée par les rebelles, l'"intensification des combats au sol et les bombardements aériens aveugles au cours des derniers jours auraient tué et blessé des dizaines de civils", alors que plus aucun hôpital ne fonctionne et que "les stocks alimentaires sont pratiquement épuisés", a déploré un haut-responsable de l'organisation. Un enfer synonyme de reconquête pour Damas : la bataille pour la deuxième ville de Syrie tourne en effet nettement à l'avantage du régime, qui reprend un à un les quartiers contrôlés par les rebelles.

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