VIDEO - Une jeune Afghane filme en caméra cachée l’opération de com' d'un taliban à un barrage

VIDEO - Une jeune Afghane filme en caméra cachée l’opération de com' d'un taliban à un barrage

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TEMOIGNAGE – Une jeune étudiante afghane a récemment diffusé sur internet la vidéo d'un taliban s'adonnant à une opération de communication dans un bus stoppé par un barrage. Ce témoignage illustre le changement de tactique des insurgés pour s'attirer les faveurs de la population.

C'est une scène pour le moins étonnante. Fin octobre, la route empruntée par une jeune étudiante afghane pour rejoindre Kaboul depuis la grande ville du nord Mazar-e Sharif lui réservait une mauvaise surprise. A mi-parcours de son trajet de huit heures, le bus dans lequel elle se trouvait a été stoppé par un barrage taliban. C'est alors qu'un rebelle armé est monté à bord. Pour Fatima, qui a grandi en exil en Iran, cette rencontre était une première et ce fut une surprise. Malgré les risques, la jeune femme décide de filmer la scène, en secret, sur son téléphone portable.

"Salam Aleikum, j'espère que vous n'êtes pas trop fatigués", lance l'homme aux passagers. "Si vous travaillez pour le gouvernement, s'il vous plaît démissionnez", poursuit-il à l'attention des éventuels fonctionnaires et soldats, cibles privilégiées des insurgés. "Nous ne vous ferons pas de mal si vous quittez votre travail ", affirme l'homme vêtu de noir, à la barbe fournie.

"Je suis taliban mais pas cannibale"

"Ne vous inquiétez pas", dit-il ensuite aux passagers en leur souhaitant un bon voyage. Puis l'homme de lancer : "certains disent que les talibans sont des cannibales. Je suis taliban mais pas cannibale", avant d'ajouter : "si je vois un Américain, je lui dévore la tête".

Soulagée de le voir quitter le bus sans incident, la jeune étudiante est interloquée par la scène qu'elle vient de vivre. "L'idée que je me fais des talibans provient des actes atroces qu'ils commettent, comme les attentats suicide", qui font souvent des victimes civiles", a-t-elle ensuite expliqué à un journaliste de l'AFP. Mais elle n'est pas dupe, cette intervention "policée" n'est que l'illustration du récent changement de tactique du mouvement insurgé pour gagner la sympathie de la population.

De la simple propagande

Fatima ne croit pas à cette propagande car elle se rappelle notamment que lors de la prise de Kundunz, autre grande ville du nord, en septembre, les talibans ont incendié un refuge pour femmes battues, pillé une école de filles et vandalisé des agences de promotion de la femme, selon des habitants. "Si les talibans revenaient au pouvoir, j'aurais très peur", commente-t-elle. Et la jeune étudiante de dénoncer un gouffre entre "les paroles" et "les actes" du mollah Akhtar Mansour, le chef des rebelles, qui qualifiait en septembre dernier l'éducation moderne de "nécessité".

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Postée sur internet, sa vidéo a été largement partagée. "La plupart des gens m'ont dit que j'étais très courageuse", raconte-t-elle. Néanmoins, la jeune fille s'inquiète de ce succès et ne souhaite pas que ce témoignage prenne trop d'ampleur. Dans le cas contraire, elle craint de devoir à nouveau quitter son pays : "rester nous met en danger, ma famille et moi", lâche-t-elle.

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