Violences, défaites, rappel à l'ordre : Trump, le début de la fin ?

Violences, défaites, rappel à l'ordre : Trump, le début de la fin ?

PAS ENCORE À LA MAISON BLANCHE - Meeting annulé, appels à la violence, opposant tabassé : si Donald Trump a fait de l'agressivité la ligne directrice de sa campagne, le candidat républicain pourrait finir par payer ses nombreux dérapages.

Depuis son entrée dans la course à la primaire républicaine, Donald Trump mène une campagne extrêmement agressive : attaques personnelles contre ses rivaux, déclarations polémiques, nombreux dérapages - dont certains sont racistes - appels à la violence, ou encore manifestants tabassés. Samedi, Donald Trump a perdu deux caucus, le Wyoming et Washington. Le candidat conservateur serait pris à son propre piège ? Retour sur les derniers événements qui semblent accréditer la thèse de l'overdose Trump.

Un rassemblement annulé à la dernière minute

L'équipe de campagne du milliardaire a annulé à la dernière minute un rassemblement vendredi soir à Chicago, un bastion démocrate, par crainte que des gens ne soient "potentiellement gravement blessés". Des centaines de personnes avaient protesté toute la journée contre sa venue, dont des soutiens du démocrate Bernie Sanders et des militants anti-raciste "Black Live Matters". Mais à l'annonce de l'annulation du meeting : pluie d'insultes, de bouteilles et de coups de poings à travers la salle, alors que la sécurité tentait de séparer les groupes et d'évacuer les lieux.


Depuis ces événements, la tension est loin d'être retombée. A Dayton, dans l'Ohio, le sulfureux candidat a eu droit à une belle frayeur, samedi, ce qui ne l'a pas empêché de jeter encore de l'huile sur le feu en accusant le "communiste" Bernie Sanders, candidat démocrate, d'attiser les violences contre lui.

 

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Un manifestant noir frappé

Mercredi, un homme a été inculpé après avoir été filmé en train de frapper un jeune manifestant noir lors d'un meeting de Donald Trump en Caroline du Nord. Rakeem Jones était venu pour une "expérimentation sociale" et afin de s'opposer au candidat républicain. Une de ses amies a hué Donald Trump lorsqu'il a pris la parole. Ce qui a valu au groupe d'être reconduit vers la sortie. Alors que Rakeem Jones était escorté par les agents de sécurité, il a fait un doigt d'honneur au public. Un supporter du candidat républicain lui a alors envoyé un coup de poing au visage. Arrêté, l'agresseur a simplement expliqué son geste parce que le jeune homme "le méritait". "La prochaine fois qu'on le verra, on devra peut-être le tuer. On ne sait pas qui il est. Il pourrait être membre d'une organisation terroriste".

Un photographe malmené

Un photographe du magazine américain Time a été violemment plaqué au sol lors d'un meeting du candidat aux primaires républicaines début mars à Radford, en Virginie. Le journaliste se trouvait au niveau des barrières qui délimitent l'espace presse au moment où des manifestants ayant interrompu la réunion publique de Donald Trump étaient reconduits à l'extérieur. "Rentre dans l'enclos", a dit un agent de sécurité en costume, qui, selon CBS, serait un policier du Secret Service, le service de protection des personnalités. "Va te faire foutre", a répondu le photographe. C'est après cet échange que l'agent a étranglé le photographe et l'a jeté au sol.

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Des incidents lors des meetings

Les incidents émaillent régulièrement les réunions publiques de celui qui reste en tête de la course aux délégués pour devenir le candidat républicain à la Maison Blanche. Il s'amuse même dans ses discours de l'intervention de manifestants, invitant parfois ses partisans à "cogner" et promettant de payer leurs frais d'avocats. Vendredi, avant l'annulation du meeting de Chicago, une réunion à Saint-Louis, dans le Missouri, a été interrompue à plusieurs reprises, la police a arrêté 32 personnes. "Honnêtement, c'est plus amusant que d'écouter un discours, n'est-ce pas ?" a plaisanté le magnat de l'immobilier.

Donald Trump, semeur de violence

Pour ses rivaux, ces violences sont la conséquence de la rhétorique agressive de Donald Trump, familier de propos régulièrement dénoncés pour leur excès. John Kasich, gouverneur de l'Ohio et candidat lui aussi à la primaire républicaine, estime que "Donald Trump a semé la division et il en a récolté les fruits ce soir, c'était affreux". Le candidat Ted Cruz, sénateur du Texas, a également jugé que le milliardaire excentrique avait "créé un environnement qui ne fait qu'inciter à ce genre de violente discorde". Mais le principal intéressé nie toute responsabilité, se considérant avant tout comme une victime. "Je n'ai certainement pas incité à la violence", assure Donald Trump, rejetant la faute sur des "agitateurs professionnels".

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Barack Obama pointe la complicité des républicains

Barack Obama a appelé samedi les candidats à rejeter les débordements des dernières semaines, faisant référence aux violences qui entourent les meetings de Donald Trump. "Ce sur quoi les gens en course pour la présidence devraient se concentrer, c'est comment on peut faire pour que cela aille encore mieux. Pas d'insultes ni de railleries de cour d'école, pas de divisions fondées sur la race et la foi, et certainement pas de violences contre d'autres Américains". Le locataire de la Maison Blanche a également pointé la complicité de son parti. "Les républicains disent qu'ils sont choqués des propos de Trump, mais comment peuvent-ils être choqués? Trump, c'est le gars qui croyait dur comme fer que j'étais né au Kenya et qui n'a jamais voulu accepter la preuve du contraire. Et ce même parti républicain n'a rien dit à l'époque". De même, Hillary Clinton, la favorite côté démocrate, a reproché à son rival républicain son comportement dangereux. "Si vous jouez avec le feu, vous allez causer un incendie incontrôlable. Cela ne s'appelle pas gouverner. C'est jouer au pyromane politique".

Deux caucus perdus

Si Donald Trump reste le favori dans la course à l'investiture républicaine et conserve une forte avance en termes de délégués, l'homme d'affaires, qui a un temps commercialisé des steaks et de la vodka à son effigie, a perdu samedi les caucus dans l'Etat du Wyoming et la capitale, Washington DC. A voir si la tendance se confirme lors du "Super tuesday bis", lors duquel cinq grands Etats du pays voteront ce mardi.

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