Y a-t-il eu des failles dans la prise en charge de Leila Alaoui, morte au Burkina Faso ?

Y a-t-il eu des failles dans la prise en charge de Leila Alaoui, morte au Burkina Faso ?

TERRORISME – Alors que la polémique monte quant au rôle des autorités françaises dans la prise en charge de Leila Alaoui, au Burkina Faso, le quai d’Orsay annonce ce mardi après-midi qu’un rapport va être demandé à l’inspection générale du ministère des Affaires étrangères sur les circonstances du décès de la jeune photographe.

La jeune photographe Leila Alaoui a-t-elle été prise en charge correctement par les autorités françaises ? Au lendemain de la mort de la jeune photographe franco-marocaine, victime d’une attaque terroriste samedi à Ouagadougou (Burkina Faso), la question se pose. La veille déjà, quelques heures avant la mort de sa fille, Christine Alaoui publiait sur sa page Facebook un message troublant, destiné à donner des nouvelles à ses proches.

"Leila ne sera peut-être pas évacuée aujourd’hui car les formalités sont longues, ce sera peut-être demain", écrit-t-elle d’abord, avant de remercier l’équipe burkinabaise de la clinique Notre-Dame de la Paix, l’ambassade du Maroc "dont l’ambassadeur est venu régulièrement à son chevet", et l’équipe d’Amnesty International. Les autorités françaises, de leur côté, en prennent pour leur grade et sont jugées "au-dessus de tout (sic)".

"Une Française très en colère"

Un temps tirée d’affaire, la jeune femme a finalement succombé à plusieurs attaques cardiaques, ce lundi. Entre sa sortie du bloc opératoire et son décès, des organismes ont mis en place son rapatriement en France. C’est le cas d’Amnesty International, qui avait envoyé Leila Alaoui faire une série de photographies sur place.

"Nous avons engagé le processus d’évacuation de Leila très rapidement, dès lors que les médecins ont déterminé que son état était assez stable pour la rapatrier. Un avion médicalisé devait quitter l’Allemagne pour venir la chercher. A Paris, l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pouvait la recevoir. Mais subitement, son état s'est dégradé", détaille à metronews l’humanitaire Samira Daoud, basée en Afrique de l'Ouest pour Amnesty.

Un rapport demandé

À propos du rôle du consulat de France à Ouagadougou - chargé du suivi administratif de ses ressortissants et qui, à ce titre, peut être amené à organiser l'évacuation de ses concitoyens - l'humanitaire précise simplement : "Je sais que le consulat était prévenu par les assurances de la préparation de l’avion."

Afin de clarifier la situation, le quai d’Orsay a confirmé à metronews ce mardi qu’un "rapport a été demandé à l’inspection générale du ministère sur les circonstances du décès." Une information par ailleurs tweetée en milieu d’après-midi par Romain Nadal, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Quant au consulat français au Burkina Faso, mis en cause dans la gestion de ce drame, il n’a pas donné suite à nos sollicitations répétées dans la journée.

EN SAVOIR + >> Victime de l'attentat à Ouagadougou, Leila Alaoui, la photographe franco-marocaine est décédée

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