18 mois de prison ferme pour le poseur de fausse bombe au centre commercial Vélizy 2

18 mois de prison ferme pour le poseur de fausse bombe au centre commercial Vélizy 2

FRAYEUR - Le 22 février dernier, cet homme avait déposé une cocotte-minute entourée de scotch sur le parking d'un centre commercial de la région parisienne. L'intéressé avait avoué "une fascination" pour les policiers, ceux d'élite du Raid en tête.

Cette affaire avait fait grand bruit. Dans un contexte d'état d'urgence à cause de la menace terroriste, un homme de 54 ans avait déposé le 22 février une cocotte-minute entourée de scotch sur le parking d'un centre commercial de Vélizy (Yvelines) avant de donner l'arlerte, afin de provoquer une intervention des forces de l'ordre. Ce vendredi, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Versailles à deux ans d'emprisonnement, dont six avec sursis.


Le procureur avait réclamé la peine maximale encourue, soit deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. Le visage marqué, ce gardien d'immeuble a reconnu devant ses juges "avoir fait un acte pas très réfléchi". Après avoir déposé sa fausse bombe, l'homme s'était ensuite rendu à l'accueil du centre commercial, en prévenant - photo de téléphone portable à l'appui - d'un objet suspect sur le parking, selon lui déposé par deux personnes descendues d'une camionnette.

Il voulait "voir une intervention"

La panique avait alors gagné Vélizy 2, conduisant au déploiement d'un vaste dispositif de sécurité de 300 pompiers, démineurs, et personnels du Samu et entraînant l'évacuation de plusieurs centaines de personnes. Fort heureusement, la cocotte-minute, équipée d'une minuterie sonore, s'était finalement avérée vide. Mais cette fausse alerte n'avait fait rire personne. A la barre, le quinquagénaire a évoqué "une idée idiote", non préméditée, alors qu'il affirme avoir déposé cette cocotte dans son coffre deux jours plus tôt, dans l'idée "de s'en débarrasser".


"Si la cocotte faisait bip, c'était pour quoi ? Pour faire croire à une bombe ?", l'a interrogé, incrédule, le président du tribunal. "Oui", a timidement admis l'homme, qui a juré "ne pas avoir eu d'objectif précis", "sinon voir une intervention" des forces de l'ordre. Car le gardien d'immeuble reconnaît une fascination pour les policiers, ceux d'élite du Raid en tête, pour preuve de la littérature sur "les coulisses du 13 novembre" retrouvée sur son lieu de travail.

Vous êtes content de vous ? C'était quoi ? Un jeu pervers ?La procureure

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"Vous êtes content de vous ? C'était quoi ? Un jeu pervers ?", a poursuivi le magistrat, consterné, en citant une expertise psychiatrique. "C'est possible", a consenti le poseur de fausse bombe. Mais, à la fascination affichée pour la police, la procureure a contesté et entrevu "la fascination du pire". "Je le dis avec émotion, comment avez-vous osé ?", a fustigé la représentante de l'accusation, Corinne Moreau.


Après une plaidoirie de la défense qui s'est attachée à exclure tout intérêt pour le terrorisme, l'homme à la cocotte a voulu reprendre la parole en dernier : "Je regrette vraiment ce qui s'est passé, je suis en train de tout perdre". Son épouse a par ailleurs engagé une procédure de divorce.

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