Procès de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf : "J'ai jamais tué Fiona !"

AUDIENCE - Le procès en appel de la mère et du beau-père de Fiona, dont le corps n'a jamais été retrouvé, s'est ouvert ce lundi après-midi devant la cour d'assises de la Haute-Loire, au Puy-en-Velay. Dès l'ouverture des débats, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf ont clamé leur innocence et répété qu'ils n'avaient jamais frappé l'enfant.

Depuis une heure trente, il ne le quitte pas des yeux. Alors, lorsque le président s'apprête à terminer la lecture du rapport des faits, Berkane Makhlouf le devance. "Je suis écœuré, on m’a condamné comme un criminel alors que c’est pas du tout le cas, j’ai jamais tué Fiona !" lance l’accusé au teint blafard à la cour. Le verdict rendu en première instance n’est visiblement pas passé. Si le premier procès n’avait pas permis d’éclairer les derniers instants de vie de Fiona et le sort réservé à sa dépouille, les jurés avaient distribué les rôles en acquittant Cécile Bourgeon des coups mortels les imputant à son compagnon. 


"J’ai pris 20 ans, on m’a pris pour un assassin mais j’ai jamais violenté Fiona, ça c’est certain ! Cécile a même reconnu avoir menti devant le juge", s’agace au micro de la cour d’assises de Haute-Loire le trentenaire, qui sait que sa condamnation repose sur les accusations de son ancienne compagne. Atone durant l’audience de novembre 2016, le corps de l’ancien toxicomane semble aujourd'hui s’animer.  "J’ai toujours fait la différence entre des adultes et des enfants, c’est verrouillé dans ma tête, je m’en prends pas à des enfants. Je jouais au mikado avec Fiona, je l’emmenais à l’école, je jouais à la console. C’était un ange cette gamine, il y avait pas du tout lieu d’être violent avec elle. La seule chose que je me suis permise, c’est une petite tape sur les fesses. C’est Cécile qui se permettait de lui mettre une correction", poursuit-il sans respirer. 

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Affaire Fiona : le procès de la vérité

"J'ai jamais maltraité mes enfants"

Mais l’homme refuse d’accabler la jeune femme qui partage son box. "Je pense pas que ce soit ça qui a tué Fiona (sic)", développe-t-il en laissant entendre que la fillette de 5 ans aurait pu mourir après avoir ingurgité des stupéfiants qui traînaient dans l’appartement "comme du subutex". Nicolas Chafoulais, le père de l’enfant, bouillonne sur le banc des parties civiles.


Emmitouflée dans un gilet en fausse fourrure, Cécile Bourgeon semble tirer de sa torpeur lorsque le président Etienne Fradin l'interroge. "Je reconnais les délits mais j’ai jamais maltraité mes enfants, commente sans émotion la jeune femme dont le visage bouffi s’efface derrière d’épaisses mèches blondes. Je pense que j’ai échoué en tant que mère, j’ai pas su protéger ma fille (…) On n’était plus nous-mêmes, on était polytoxicomanes à fond. Mais je vais être honnête Monsieur le Président, si Berkane avait commencé à la taper, je l'aurais quitté. Que je sois en prison ou dehors, j'ai pris perpétuité. Fiona, je ne la reverrai jamais. Je vais devoir vivre avec ça. La question c'est : 'Est-ce que je vais y arriver ?'". 


Si à l’ouverture du procès en appel, le président avait prévenu "nous recommençons tout à zéro", les accusés ont, en ce premier jour d’audience, récité la même partition qu'il y a un an.  

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