Affaire Grégory : Murielle Bolle désormais face au cousin qui affirme qu'elle a été battue par sa famille

TEMPS FORT - Trente-deux ans après les faits, Murielle Bolle, et un membre de sa famille, dont le témoignage a été déterminant dans sa récente incarcération, sont arrivés en début d'après-midi à la cour d'appel de Dijon. Lui affime qu'elle aurait été molestée par sa propre famille pour qu'elle se rétracte après avoir dans un premier temps accusé Bernard Laroche de l'assassinat du petit garçon. Elle dément.

Trente-deux ans qu'ils ne se sont pas revus. Murielle Bolle, témoin-clé de l'affaire Grégory en 1984, aujourd'hui mise en examen et incarcérée, est désormais face à un cousin dont le témoignage récent a été déterminant dans sa mise en cause. 


Tous deux sont arrivés l'un après l'autre à la cour d'appel de Dijon sous la protection des forces de l'ordre, dans deux véhicules aux vitres teintées, a constaté un journaliste de l'AFP. Ils se sont entretenus avec leurs avocats avant de se retrouver devant la présidente de la chambre de l'instruction, Claire Barbier.


La confrontation doit tournée autour de la rétractation éclair de l'adolescente il y a plus de 32 ans, au lendemain de la soirée du 5 novembre 1984, un tournant de l'affaire Grégory. Murielle Bolle et son cousin, qui a récemment témoigné pour la première fois, offrent de cette soirée deux versions qui s'opposent.


Ce dernier aurait  livré "un témoignage très précis" révélant notamment que la jeune femme, qui avait 15 ans à l'époque, aurait été molestée dans sa propre famille afin d'obtenir d'elle des rétractations après qu'elle a accusé Bernard Laroche. 

"Non, je n'ai pas été frappée"

"Non, je n'ai pas été frappée", a rétorqué cette dernière aux gendarmes lors de sa garde à vue, fin juin, dans les Vosges, selon des extraits des procès-verbaux publiés par le quotidien Libération.


L'avocate de Murielle Bolle, Emilie Baudry, estime cependant avoir des "arguments solides pour faire vaciller" le témoignage du parent de sa cliente, aujourd'hui âgée de 48 ans. Et d'ajouter : "L'objectif recherché" est sa mise hors de cause.


Murielle  Bolle a été mise en examen le 29 juin pour "enlèvement suivi de mort" et placée en détention provisoire par la présidente de la chambre de l'instruction, qui instruit le dossier.  Ses avocats ont déposé une demande de remise en liberté, qui sera examinée le 4 août par la chambre de l'instruction. "Nous pensons (...) que Murielle Bolle a de grandes chances d'être remise en liberté" sous contrôle judiciaire, estime Me Baudry.

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Murielle Bolle, clé de l’affaire Grégory, mise en examen

L'avocat de Marcel Jacob présent ?

A la mi-juin, l'arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, a relancé spectaculairement ce dossier des plus énigmatiques. Soupçonnés d'être les fameux "corbeaux" de l'affaire et mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivie de mort", les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire strict.


L'avocat de Marcel Jacob, Me Stéphane Giuranna, a annoncé qu'il serait présent ce vendredi à Dijon et qu'il avait fait "une demande officielle" pour assister à la confrontation, même s'il reconnaît que ce n'est pas prévu dans le Code de procédure pénale.

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