Appel des ex-Goodyear : un procès sous tension

En première instance, en janvier, les huit anciens salariés de Goodyear avaient été condamné à 9 mois de prison ferme pour la séquestration de deux cadres de l'usine. Ils sont jugés en appel à partir de mercredi.

Un procès sous haute tension s'est ouvert ce mercredi à Amiens. Huit anciens salariés de l'usine Goodyear, condamnés à neuf mois de prison ferme en première instance pour la séquestration de deux cadres de l'usine, sont jugés en appel.


Les 6 et 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines et le directeur de la production avaient été retenus pendant une trentaine d'heures dans les locaux de l'usine de pneumatiques occupée par quelques dizaines de salariés en colère après l'annonce de sa fermeture.

La condamnation avait provoqué un tollé

A la barre, en première instance, tous les prévenus s'étaient justifiés en parlant d'un coup de colère" face à une direction qui "n'apportait aucune réponse" à la "détresse sociale" dans laquelle se trouvait les salariés de cette entreprise de 1143 salariés.

Parmi les huit salariés figurent cinq militants de la CGT souhaitant faire de ce procès très attendu une "vitrine du combat social".


 Leur condamnation en janvier à 24 mois de prison, dont 9 ferme, avait provoqué un vif émoi au sein du monde syndical et politique. Le Premier ministre Manuel Valls avait lui-même jugé cette peine "indéniablement lourde" tout en estimant qu'il ne fallait pas "basculer dans la violence".


Mickaël Wamen, l'un des prévenus et figure emblématique du "combat" des Goodyear, demande "la relaxe, ou rien".  "La décision de janvier était d'une débilité absolue. Ce n'était pas un jugement, mais une chambre d'exécution. On nous a dit qu'on allait servir d'exemple, une sanction contre ceux qui osent relever la tête!", a-t-il affirmé.

Un procès sans plaignant

Comme en première instance, le procès se déroule sans plaignant : Goodyear avait retiré sa plainte en application de l'accord de fin de conflit signé avec les syndicats fin janvier 2014, tout comme les deux cadres concernés, qui se sont désistés après avoir déposé plainte à titre individuel dans un premier temps. Poursuivis pour "séquestration et violences en réunion", les prévenus encourent jusqu'à cinq ans de prison. 

Trois semaines après l'affaire de la "chemise arrachée" chez Air France

Ce procès intervient trois semaines après celui de plusieurs salariés d'Air France jugés pour l'épisode de "la chemise arrachée" d'un cadre de la compagnie aérienne.  Le procureur a requis 1000 euros d'amende contre les dix prévenus poursuivis pour "dégradations", et entre 2 et 4 mois de prison avec sursis pour les cinq jugés pour "violences" contre le DRH, l'un des directeurs du groupe et deux vigiles. Les anciens salariés seront fixés sur le sort le 30 novembre.

VIDEO - Procès Goodyear : "Si c'était à refaire, je le referais", assure le leader CGT

Goodyear : les ex-employés jugés en appel confiants

VIDEO - Procès Goodyear : la CGT se mobilise et attend la relaxe des 8 ex-salariés jugés en appel

Procès Goodyear : la CGT se mobilise et attend la relaxe des 8 ex-salariés jugés en appel

Procès de "la chemise arrachée" chez Air France : 2 à 4 mois avec sursis requis contre 5 des prévenus

Et aussi

Les tags

À suivre

Rubriques