Bygmalion, sondages, Kadhafi... ces affaires qui collent encore aux basques de Nicolas Sarkozy

BISMUTH ET CIE - L'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy fait l'objet d'une demande de renvoi devant un tribunal correctionnel pour "corruption et trafic d'influence" dans l'affaire des écoutes. L'occasion de revenir sur les (nombreux) autres dossiers Sarkozy qui encombrent les bureaux des juges.

Nouveau rebondissement dans l'affaire des écoutes, trois ans après l'ouverture du dossier. Comme l'ont révélé nos confrères du Parisien vendredi 6 octobre, le parquet national financier (PNF) a demandé le renvoi de Nicolas Sarkozy, de son avocat Thierry Herzog et de l'avocat général à la retraite Gilbert Azibert devant le tribunal correctionnel pour "corruption, trafic d'influence et recel de violation du secret professionnel". 


Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir promis un poste prestigieux à un haut magistrat de la Cour de cassation en échange d'informations secrètes le concernant dans une autre procédure, celle du dossier Bettencourt. Des échanges téléphoniques interceptés alors que son appareil - ou plutôt celui de Paul Bismuth, son nom d'emprunt - était placé sur écoute. Mais ce dossier est bien loin d'être le seul qui intéresse les juges au sujet de l'ancien chef de l'Etat. Voici un tour d'horizon des affaires qui pourraient potentiellement amener Nicolas Sarkozy devant les tribunaux, à présent qu'il ne peut plus bénéficier de son immunité présidentielle. 

L'affaire Bygmalion


De quoi parle-t-on ? Feuilleton judiciaire initié en 2014, l'affaire Bygmalion concerne les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, qui auraient été alimentés au moyen de fausses factures, établies au nom de la société Bygmalion, afin de cacher le dépassement du plafond autorisé de 22,5 milions d'euros. L'ancien chef de l'Etat a toujours clamé ne pas avoir été consulté à propos de ces factures, ce que conteste notamment son ex-directeur de campagne, Guillaume Lambert, pour qui Nicolas Sarkozy a un un "rôle décideur pour ses meetings". 


Où en est-on ? Mis en examen le 16 février 2016, Nicolas Sarkozy est renvoyé un an plus tard devant le tribunal correctionnel pour "financement illégal de campagne électorale", "complicité d'escroquerie" et "usage de faux", aux côtés de treize autres personnes. A l'époque, son avocat avait immédiatement annoncé qu'il ferait appel. Est-il toujours en cours ? Contacté par LCI, le parquet n'a pas répondu à nos questions.

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VIDEO. Deux minutes pour comprendre l'affaire Bygmalion

Supposé financement libyen de la campagne de 2007


De quoi parle-t-on ? C'est une autre affaire de financement illégal de campagne, celle de 2007, cette fois-ci. Nicolas Sarkozy est suspecté d'avoir fait financer sa campagne de 2007 grâce aux fonds du colonel libyen Mouammar Kadhafi. Depuis 2013, les juges du parquet de Paris enquêtent sur des charges de trafic d'influence, de corruption active et passive, de faux et usage de faux. Mais c'est l'année dernière, en 2016, qu'est intervenue la révélation fracassante de l'homme d'affaires Ziad Takieddine. Celui-ci a ainsi directement mis en cause Nicolas Sarkozy et l'ancien secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, affirmant avoir lui-même joué les intermédiaires et, à trois reprises, transporté pour 500.000 d'argent liquide au ministère de l'Intérieur alors occupé par Nicolas Sarkozy. 


Où en est-on ? Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy n'est pas officiellement poursuivi. Les indices accumulés jusqu'à présent ne constituent pas encore des "faisceaux concordants" pouvant aboutir à une mise en examen, aux yeux de la justice. En revanche, Claude Guéant a été mis en examen en mars 2016 pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, suite à la découverte de la vente de deux tableaux flamands dont la justice soupçonne qu'elle ait pu maquiller un virement suspect de 500.000 euros sur son compte.

Sondages de l'Elysée


De quoi parle-t-on ? La polémique remonte à 2009, suite à la publication d'un rapport de la Cour des comptes relevant des irregularités dans la mise en concurrence de commandes de sondages avec les sociétés de Patrick Buisson, alors conseiller de Nicolas Sarkozy. Dès 2010, l'association de lutte contre la corruption Anticor a porté plainte et, rapidement, les juges ont mis la main sur pas moins 235 sondages achetés par le cabinet de Patrick Buisson, puis revendus à l'Elysée entre 2007 et 2009. Le tout pour un bénéfice de 1,4 million d'euros.


Où en est-on ? Le 30 juin 2016, la cour d'appel de Paris a confirmé les mises en examen de Patrick Buisson et Pierre Giacometti, les anciens conseillers de Nicolas Sarkozy. Le dernier rebondissement dans cette affaire date de mai 2017. Claude Guéant - toujours lui - et Emmanuelle Mignon, ex-directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, ont été à nouveau mis en examen pour "détournement de fonds publics par négligence". Ils étaient déjà mis en examen pour favoritisme et complicité de favoritisme dans cette affaire. Quant à Nicolas Sarkozy, il a jusqu'à présent été épargné de toute poursuite dans cette affaire. En décembre dernier, il a toutefois refusé de se rendre à une convocation du juge d'instruction qui souhaitait l'entendre comme témoin. 

D'autres affaires encore gravitent autour de la sphère Sarkozy, par exemple la vente d'hélicoptères au Kazakhstan, susceptible d'avoir fait l'objet de rétrocommissions, affaire pour laquelle des proches de l'ancien Président fait l'objet d'une enquête. Mais dans nombre d'entre elles, il a fini par être mis hors de cause. C'est notamment le cas pour l'affaire Karachi ou encore l'affaire Bettencourt, dans laquelle l'ancien chef de l'Etat a bénéficié d'un non-lieu, après avoir été mis en examen pour abus de faiblesse. 

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