Condamnés 23 ans après un casse, deux grands braqueurs échappent à la prison

Condamnés 23 ans après un casse, deux grands braqueurs échappent à la prison

VIEUX BRISCARDS - 23 ans après le casse d'une banque à Paris, deux anciens grands braqueurs, dont les traces d’ADN avaient été extraites de mégots, ont été condamnés vendredi à cinq ans de prison, entièrement assortis du sursis.

Le ministère public avait requis respectivement 12 et 10 ans de réclusion  criminelle contre les accusés. Mais ils n’iront finalement pas derrière les barreaux. Deux anciens grands braqueurs ont été condamnés vendredi à cinq ans de prison, entièrement assortis du sursis. Mohamed Amimer (58 ans) et Patrick  Musset (70 ans) ont également été condamnés chacun à une amende de 100.000  euros et leur peine de prison a été assortie d'une série d'obligations pendant trois ans.


Les deux hommes ont nié jusqu'au bout leur participation, le 19 juillet 1994, au vol de l'agence de la banque Inchauspé rue Saint-Augustin à Paris, où 15,3 millions de francs avaient été dérobés - soit l'équivalent actuel de 3,2  millions d'euros. Ce jour-là, les voleurs avaient disparu avec l'argent, ne laissant derrière eux que trois mégots de cigarettes grillées en attendant l'ouverture des coffres. Faute d'identification possible, un non-lieu est prononcé en février 1996. Mais l'enquête est relancée en 1999 et 2000 par des témoignages anonymes. Ces derniers incriminent quatre figures du grand banditisme : si deux sont morts, les deux autres sont Amimer et Musset.

Je ne veux pas payer pour ce que je n'ai pas faitMohamed Amimer

Pour l'accusation aucun doute, l'ADN a parlé et désigne les accusés. La défense a de son côté tiré à boulets rouges sur "l'unique élément à charge",  oscillant entre l'hypothèse de négligences et celle d'une manipulation  policière. L'avocate de Musset, Florence Moreau, a dressé la longue liste des  "questions" et "difficultés" autour de ces fameux mégots, passés entre les  mains de plusieurs personnes, conservés pendant des années dans un simple  flacon réfrigéré, sans scellés, ce qui a pu permettre toutes les manipulations.


 "J'ai payé pour ce que j'ai fait, je ne veux pas payer pour ce que je n'ai  pas fait", avait sobrement déclaré Mohamed Amimer avant que la cour ne se  retire pour délibérer. "Je ne faisais pas partie des malfaiteurs qui ont  attaqué la banque Inchauspé", avait de son côté répété Patrick Musset. La cour d'assises ne les a pas crus mais a tenu compte du temps passé, des  vies reconstruites dehors, sans accroc, depuis des années. Amimer, ancienne gloire du milieu, s'est depuis sept ans consacré à son  fils et à la réinsertion des détenus. Musset, presque sourd d'une oreille, a demandé à pouvoir "profiter" de sa petite-fille.

   

La cour d'assises a également condamné les deux hommes à verser 2,3  millions d'euros à la banque, ainsi qu'à quelque 25.000 euros de dommages et  intérêts pour le cambiste séquestré.

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