Dénonciations, garde à vue… : une infirmière licenciée pour un meurtre imaginaire dans un Ehpad attend réparation

Dénonciations, garde à vue… : une infirmière licenciée pour un meurtre imaginaire dans un Ehpad attend réparation

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BATAILLE - Chantal, 67 ans, infirmière de formation, vit un cauchemar depuis près de sept ans. Accusée d’avoir tué une patiente en 2006 puis licenciée, elle a été depuis reconnue innocente. Une audience prud’homale est prévue le 15 décembre prochain pour obtenir réparation auprès de son employeur.

Vers la fin d’un cauchemar judicaire pour Chantal B., 67 ans. Il y a 7 ans, cette infirmière, alors directrice adjointe de l’Ehpad (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) Péan à Paris, a appris son licenciement pour "manquements dans l’obligation de soins" et "aux obligations professionnelles". La lettre de son employeur évoquait un "comportement gravement non professionnel en rapport avec le décès d’une patiente".  Plusieurs membres du personnel l’accusaient d’avoir tué une patiente en 2006 en l’étouffant. 


Malgré la gravité des supposés faits, aucun signalement n’avait été fait à la justice de la part de l’établissement. Finalement, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, puis une information judiciaire contre X, pour assassinat et empoisonnement. 

Une garde à vue et un non-lieu

Chantal B. se retrouve alors placée en garde à vue en février 2016. Mais elle ne sera pas présentée à la justice, en l’absence de toute charge. Les investigations ont en effet permis de mettre à mal le principal témoignage accusateur, celui de l’auxiliaire de vie : "Le témoignage […] est contredit par l’agencement et l’aménagement des lieux, qui rendent impossible qu’elle ait pu voir la scène qu’elle a décrite", explique la  juge d’instruction dans le non-lieu signé en juin 2016. En clair, Chantal est innocentée.


Désormais, elle réclame réparation auprès de son ex-employeur. La procédure entamée auprès des prud’hommes, interrompue par l'enquête pénale, aura une issue fixée au 15 décembre prochain. "J’attends surtout que des poursuites pour dénonciation calomnieuse et faux et usage de faux soient engagées à l’encontre de tous ceux qui ont colporté ces témoignages mensongers à l’encontre de ma cliente", explique son avocat.  

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