Disparition du petit Antoine : plus de huit ans après, la mère et son ex-compagnon mis en examen

Disparition du petit Antoine : plus de huit ans après, la mère et son ex-compagnon mis en examen

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JUSTICE - Le petit Antoine avait disparu le 11 septembre 2008. Sa mère et son beau-père avaient alors expliqué que l'enfant de 6 ans avait disparu de l'appartement lorsqu'ils étaient rentrés du restaurant. Huit ans et demi après, ils viennent d'être mis en examen pour "homicide involontaire" et "recel de cadavre", les enquêteurs examinant la piste d'une ingestion accidentelle de drogue. Un rebondissement spectaculaire.

Huit ans et demi après la disparition du petit Antoine à Issoire (Puy-de-Dôme), l’affaire vient de connaître un rebondissement spectaculaire. La mère de l’enfant, Alexandrine Brugerolle de Fraissinette, et son ex-compagnon, Sébastien Ribière, ont été mis en examen pour "homicide involontaire par manquement délibéré", "recel de cadavre", "modification de l'état des lieux d'un crime" et "dénonciation mensongère", révèle La Montagne. 


Des poursuites qui font suite aux révélations il y a quelques semaines d'un ancien codétenu de Sébastien Ribière. Celui-ci a raconté à l’administration pénitentiaire que l’ex-beau-père du petit Antoine lui aurait fait des confidences sur la mort de l’enfant de 6 ans : ce dernier aurait ingurgité par accident de la drogue qui traînait sur la table du couple cocaïnomane, et serait mort d'une overdose. Le corps du garçonnet aurait ensuite été caché dans les collines de la région. 

La mère avait signalé la disparition de l'enfant

Le prisonnier a par ailleurs expliqué que Sébastien Ribière lui aurait avoué avoir tué une amie dealeuse qui hébergeait le couple en 2011 à Marseille. La jeune femme avait été retrouvée dans sa baignoire dans un état de décomposition avancée. Accusé du meurtre, ce couple à la vie chaotique avait nié en bloc devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, avant d'être acquitté en 2016. Sébastien Ribière reste néanmoins incarcéré pour un trafic de cocaïne en récidive, tandis que son ex-compagne a depuis été remise en liberté. 


C’est elle qui, le 11 septembre 2008, avait signalé à la gendarmerie d’Issoire la disparition de son fils Antoine. Alexandrine Brugerolle de Fraissinette, alors âgée de 24 ans, avait ainsi raconté que l’enfant n’était plus dans l’appartement à son retour d’un dîner au restaurant avec son compagnon Sébastien Ribière, âgé de 29 ans. Une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration" avait été ouverte et les deux jeunes gens avaient été placés en garde à vue afin d’éclaircir certaines zones d’ombre. Laissés libres, ils seront à nouveau entendus en 2012 dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte pour "dénonciation de crime imaginaire".

"Propos opportunistes"

Après la mise en examen de leurs clients cette semaine, les avocats ont dénoncé une décision "indigne" de la part des magistrats en charge de l’enquête. "Il est très décevant de voir que la justice accorde du crédit aux propos opportunistes d’un toxicomane multirécidiviste qui espère simplement obtenir des réductions de peines supplémentaires", a ainsi déclaré à La Montagne Me Canis, l’avocat de Sébastien Ribière. 


La défense a d’ores et déjà fait savoir qu’elle contesterait les poursuites devant la cour de Riom, qui a récemment jugé la mère et le beau-père de la petite Fiona. Car l’affaire du petit Antoine n’est pas sans rappeler celle de cette fillette de 5 ans disparue en mai 2013. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf,  tous deux toxicomanes, avaient alors tenté de faire croire à l’enlèvement de l’enfant avant de reconnaître qu’elle était décédée. Le corps, qui selon le couple aurait été enterré près du lac d’Aydat, n’a jamais été retrouvé. A l'époque, Alexandrine Brugerolle de Fraissinette s'était exprimée dans la presse locale en réfutant toutes similitudes entre les deux affaires. "Je ne vois pas en quoi (elles) peuvent se rapprocher. Quand Antoine a disparu, je n’étais plus du tout dans la drogue. Le contexte n’avait rien à voir", avait affirmé la jeune femme qui avait répété, "Je continue à penser que quelqu’un est entré chez moi en mon absence et est parti avec mon fils". 

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