Procès Merah, jour 6 : vifs échanges sur l'anonymisation entre l'avocate générale et Me Dupond-Moretti

Procès Merah, jour 6 : vifs échanges sur l'anonymisation entre l'avocate générale et Me Dupond-Moretti

JUSTICE - Ce 9 octobre marque le sixième jour du procès d’Abdelkader Merah, jugé pour "complicité" des assassinats terroristes commis par son frère Mohamed Merah à Toulouse et Montauban en mars 2012 et de Fettah Malki, 34 ans, ami d’enfance du tueur au scooter, à qui il est reproché d'avoir fourni à l’assassin un gilet pare-balles, un pistolet-mitrailleur et des munitions. En ce lundi, trois policiers devraient témoigner.
Live

AUDIENCE SUSPENDUE


Le témoin numéro 45 vient d'être entendu et interrogé longuement. L'audience qui avait débuté un peu avant 10 heures ce lundi matin vient d'être suspendue. Elle reprendra demain, mardi 10 octobre, avec l'audition de plusieurs témoins. 

ABDELKADER ET MOHAMED « ENSEMBLE LA VEILLE OU LE JOUR DES ATTAQUES »


Interrogé par un avocat des parties civiles sur le fait que les frères Merah, Abdelkader et Mohamed, s’étaient vus à chaque fois à la veille ou le jour des attentats, le témoin numéro 45, capitaine de police, a confirmé. 

- "Le 6 mars, jour du vol du scooter, on sait qu’ils (Abdelkader et Mohamed) sont ensemble ?", demande un avocat des parties civiles. 

Le témoin confirme: 

- Le  6 mars (Renseignement sur le traqueur, achat de la cagoule, vol du scooter et achat d’un blouson) ils sont ensemble. 

- Le 11 mars, il y a une rencontre entre les frères au stade de foot", continue l'avocat des partties civiles

- "Tout a fait" répond le témoin 

Le 14 mars, toujours selon le témoin, les deux frères auraient été ensemble. Tout comme le 15, au moins à un moment de la journée.  "Le 15 mars à 21h45, quand Aicha rejoint ses 2 frères pour manger une pizza, ils sont déjà ensemble". 


Le 15 mars à 14 heures, Mohamed Merah a tué Abdel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 23 ans. Il avait aussi tiré sur Loïc Liber, lui aussi militaire, ce dernier, alors âgé de 27 ans, a survécu à ses blesssures mais garde de "graves séquelles". 

"IL Y A DES REGLES QUAND MEME"


Alors que le témoin, capitaine de police à la SDAT, lit ses notes depuis 45 minutes environ. Me Dupond-Moretti prenda la parole : « On peut demander au témoin de ne pas lire s’il vous plait… Il y a des règles quand même ». 


« Essayez de vous détacher de vos notes », dit le président au témoin. 


Le capitaine de police continue sa déposition, notes à l'appui. 


- "Le témoin lit trop vite", dit un autre avocat

- "Oui essayez de vous détacher de vos notes", ajoute le président. "Certains ont le sentiment que vous lisez


- Le sentiment??, s'énerve Me Dupond-Moretti. C'est au mot près. Lire c'est pas autorisé, dit l'avocat. Mais ici, tout est permis !"

- Essayez de vous détacher de vos notes 

L'AUDIENCE REPREND AVEC LE TEMOIN NUMERO 45


L'audience vient de reprendre au procès d'Abdelkader Merah et Fettah Malki. La cour d'assises spéciale va procéder à l'audition du témoin 45, troisième policier à témoigner sous couvert d'anonymat ce lundi 9 octobre. 


Une anonymosation vivement critiquée par les avocats de la défense et particulièrement par Me Eric Dupond-Moretti, avocat d'Abdelkader Merah. 

576 adresses IP


Le témoin numéro 19, expert en cybercriminalité, fonctionnaire de police, raconte comment les enquêteurs sont remontés en 2012, jusqu’à la Freebox de la mère d’Abdelkader et Mohamed Merah. 


Pour le spécialiste et ses équipes, il s’agissait de retrouver les personnes qui s’étaient connectées à l’annonce postée par la première victime de Mohamed Merah : Imad Ibn-Ziaten. 


Le trentenaire, assassiné le 11  mars par Mohamed Merah, avait posté une annonce sur Le bon coin pour y vendre sa moto Suzuki. Dans l’annonce il précisait être militaire. Les experts en cybercriminalité ont ciblé leurs investigations vers les personnes qui avaient ajouté la mention « militaire » dans la barre de recherche. 

L'AUDIENCE REPREND


L'audience reprend avec l'audition du témoin numéro 19, fonctionnaire de police, (capitaine). 

PAS DE PREUVE

L’avocat d’Abdelkader Merah, Me Dupond-Moretti, a posé plusieurs questions au témoin 41, commandant de police. Pour le ténor du barreau, la période de prévention n’a pas été prise en compte par le témoin et il y a une absence totale de preuve à l’encontre de son client. 


Le témoin indique s’être basée notamment sur les déclarations d’Abdelkader Merah. 

- Etiez-vous présente pendant la garde à vue d’Abdelkader Merah, demande Me Dupond-Moretti ? 

- Non, répond le témoin 41

- Etiez-vous à la reconstitution ? 

- Non répond le témoin

DES COURRIERS ENTRE LES DEUX FRERES


Le témoin 41, commandant de police, a évoqué au cours de son témoignage la relation épistolaire entre Abdelkader Merah et son petit frère Mohamed alors que ce dernier est en prison. « On comprend à la lecture des courriers que Mohamed sollicite son frère pour avoir des CD et des livres sur la religion notamment. Il est d'ailleurs très intéressé par la vie du prophète Youssouf » dit le témoin. 


"A ma sortie je saurai très très précisément ce qu’il me reste à faire. Comment cette phrase de Mohamed Merah a-t-elle pu être analysée par vos services ? "demande le président à l’enquêtrice.

Selon le témoin, Mohamed Merah a cherché à rencontrer des moudjihadins. Le président indique pour sa part que « cette phrase peut être sujette à plusieurs interperprétations ». 

VOYAGES ET DETENTION


Le témoin 41, commandant de police, est entendu depuis 30 minutes environ. Elle revient sur « l’enquête colossale » menée par les enquêteurs. Elle évoque les voyages de Mohamed Merah Au Caire, en 2006, pour rejoindre Abdelkader. Puis en Afghanistan et au Pakistan, 2010 puis 2011. Elle parle également de la détention et de sa sortie en 2009. 


Le commandant de police qui témoigne en visioconférence indique que Mohamed Merah s’est converti à l’islam en 2008. Il portait la barbe, le qamis et les cheveux longs. « Je sais très précisément ce que je vais faire en sortant » avait dit  Mohamed Merah, sorti de prison en septembre 2009. En 2011, « alors qu’on lui proposait de passer à l’action au Pakistan où il avait rejoint les combattants d’Al-Qaïda », Mohamed Merah a indiqué qu’il voulait rentrer en France et passer à l’action dans l’Hexagone. 

L’AUDIENCE REPREND


L’audience a repris ce lundi matin vers 9h50 au procès d’Abdelkader Merah et Fettah Malki… avant d’être finalement suspendue jusqu’à 10h30. Les avocats de la défense sont en effet venus ce lundi matin avec une carte de Toulouse grand format et le président a souhaité qu’elle soit examinée par les avocats pendant la suspension. L’audience reprendra à 10h30, avec le témoin numéro 41, fonctionnaire de police qui témoignera sous couvert d’anonymat et en visioconférence. 

Les numéros 41, 19  et 45 seront entendus ce lundi devant la cour d’assises spéciale. En ce sixième jour d’audience au procès d’Abdelkader Merah, 35 ans, frère de Mohamed Merah, et de Fettah Malki, ami d’enfance du " tueur au scooter", ces trois témoins devraient être entendus par la cour d’assises spéciale.


Encore une fois, leurs noms ne devraient pas être donnés, ni leurs adresses, ces derniers tous policiers, ayant demandé à être" anonymisés". 

L’anonymisation contestée

La semaine dernière, sur les cinq policiers ou ex-policiers venus témoigner, seuls deux se sont présentés dev ant la cour d'assises spéciale  et ont décliné leur identité. Les autres ont choisi de parler sous couvert d’anonymat, le visage caché et parfois la voix déformée, le tout, par le biais de la visioconférence. 

Une méthode qui n’a guère plu à tout le monde, notamment à certains avocats de la défense qui ont vivement critiqué le fait que l’anonymisation ait été acceptée pour certains fonctionnaires, notamment un, qui, quelques mois plus tôt, à l’occasion des cinq ans des tueries de Mohamed Merah qui ont fait sept morts dont trois enfants, avait donné une interview à la presse avec son nom et sa fonction. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le procès Merah

Plus d'articles

Sur le même sujet