Malgré les plaintes d'une association de défense des animaux, l'hippopotame Jumbo reste dans son cirque

JUSTICE - L'hippopotame Jumbo restera finalement au cirque Muller. Après plusieurs mois de batailles, l'association de défense One Voice n'a pas réussi à convaincre la justice que l'animal vivait dans de mauvaises conditions de captivité. Une polémique qui vient s'ajouter à d'autres survenues ces derniers mois.

Depuis sa naissance en captivité il y a 34 ans, Jumbo fait partie intégrante du cirque Muller. A chaque représentation, il amuse le public. Malgré son nom, Jumbo n’est pas un éléphant. Il s’agit d’un hippopotame géant. Depuis quelques mois, l’animal est au centre d’une bataille judiciaire : d’un côté les exploitants du cirque, basé dans la Drôme, de l’autre l’association de défense des animaux One Voice. 

One Voice dénonce des conditions de captivité de l'animal qui sont, selon elle, "inacceptables" et même "illégales". L'organisation reproche notamment aux exploitants de confiner Jumbo "23H30 sur 24" dans un camion rempli de 12.000 m3 d'eau, et de ne l'en délivrer que pour un numéro succinct devant le grand public, après avoir été "arrosé au jet et mal nourri".


Dans un premier temps, elle avait sollicité la préfecture de la Drôme pour transférer Jumbo dans un parc zoologique. Mais après étude du dossier, la préfécture en avait décidé autrement, le cirque respectant, selon elle, la réglementation en vigueur (soit l'arrêté du 18 mars 2011). L'association avait donc décidé de porter l'affaire devant la justice. 

Un animal devenu simple "objet de divertissement"

Au cours d'une audience en référé qui s'est tenue lundi devant le tribunal administratif de Grenoble, Me Arielle Moreau, l'avocate de One Voice, avait rappelé l'urgence de la situation et pointé le "manque de formation" des services vétérinaires mandatés par la préfecture pour évaluer l'état de santé de l'animal. "Le préfet a fait réaliser un simple contrôle sanitaire, pas de protection de cet animal, transformé en objet de divertissement", avait-elle souligné. 


Et d'ajouter : "Si des adaptations réglementaires peuvent être envisagées pour les établissements itinérants, elles ne peuvent s'établir au détriment de l'animal qui a des besoins". L'association reproche tout particulièrement l'absence d'une piscine de 50.000 m3 chauffée à 22 degrés dans laquelle l'hippopotame est censé se trouver lorsque le cirque n'est pas sur les routes.

Jumbo n'est pas maltraité. Il est né chez nous et n'est donc pas sauvage. Il a une belle peau et aucun trouble du comportement. Franck Muller, gérant du cirque

De son côté, Franck Muller, l'un des gérants, avait plaidé le respect des critères de la réglementation et rappelé que la piscine en question se dresse près du chapiteau après "13 heures de montage", alors que les agents de contrôle de la gendarmerie ont depuis longtemps quitté les lieux. "Jumbo n'est pas maltraité. Il est né chez nous et n'est donc pas sauvage. Il a une belle peau et aucun trouble du comportement. Comment de telles conclusions peuvent être tirées après 20 minutes de contrôle ? Il n'y a aucune preuve de ce qu'on nous reproche", avait-t-il insisté.

Victoire du cirque Muller

Le tribunal administratif de Grenoble n'a pas tardé à rendre sa décision. Ce mercredi, il a en effet rejeté la requête de l'association : le juge des référés estime que l'arrêté de la préfecture de la Drôme n'est "ni entaché d'illégalité ni d'urgence".

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