Infanticide de Berck-sur-Mer : Fabienne Kabou raconte avoir tué sa fille "contre sa volonté"

Infanticide de Berck-sur-Mer : Fabienne Kabou raconte avoir tué sa fille "contre sa volonté"

PROCÈS - Fabienne Kabou, jugée pour infanticide, a raconté mercredi le jour où elle a abandonné son enfant de 15 mois sur une plage de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). Jugée en appel, elle avait écopé de 20 ans de réclusion criminelle en première instance.

La mère infanticide a raconté comment elle avait abandonné son enfant à marée basse sur une plage de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). Ce 19 novembre 2013, "on m'ordonne d'aller à Berck, aussi étrange, drôle et cocasse que cela puisse paraître", s'est défendue mercredi 13 septembre Fabienne Kabou, accusée d'avoir assassiné sa fille de 15 mois Adélaïde


Vendredi 8 septembre, à l'ouverture de son procès en appel, Fabienne Kabou a plaidé non-coupable, assurant avoir été "guidée par une énergie qu'[elle] sentait malveillante". "Quelque chose, ou quelqu'un, a agi en moi pour assassiner ma fille. Un peu comme si quelqu'un avait commandité sa mort, par mes mains, et en faisant d'une pierre deux coups, puisqu'il a aussi ruiné ma vie", a-t-elle expliqué. À ses yeux, "ces éléments n'ont pas été suffisamment exploités". C'est pourquoi elle a décidé de faire appel. 

Habituel chignon strict et lunettes à montures noires, au quatrième jour de son procès en appel devant les assises du Nord à Douai, Fabienne Kabou fait le récit de cette journée dramatique. Elle assure que c'est une "voyante", qui l'a incitée à faire ce "voyage à la mer". "Ce sera déchirant, mais ce sera un voyage positif", lui aurait-elle dit. Alors, face aux "injonctions insistantes", elle "réserve" ses billets pour Berck. 


Le matin du drame, "c'est Michel qui me réveille, je paressais un peu et il insiste. On descend pour le petit-déjeuner, la toilette d'Ada, et tout s'enchaîne", raconte-t-elle.  Fabienne Kabou avait assuré à son compagnon et père de l'enfant, Michel Lafon, qu'elle confiait sa fille à sa mère pour une année au Sénégal.


Elle prend le train depuis Paris pour Berck, le bus, puis "trouve un hôtel". "Je prends une longue douche avec ma fille, Ada est fatiguée, elle dort un peu, et puis, à 21h, je descends avec elle et la suite vous la savez", raconte-t-elle, le ton monotone. 

"Je prends une douche, je me couche, je dors"

"Je cours droit devant et quand je sens mes bottes alourdies par le sable mouillé, je m'arrête et je sers ma fille contre moi, elle est détendue, je lui donne le sein, je lui demande pardon et je la dépose", dit-elle maintenant en sanglotant. Puis, "je reviens à l'hôtel en courant, je reprends une douche, je me couche, je dors, je me lève, je dis merci à monsieur l’hôtelier et je m'en vais", continue-t-elle d'une traite. 


Ce jour-là, dans son agenda, Fabienne Kabou note les horaires au cours desquels elle s'est absentée de son hôtel pour abandonner Adélaïde. "Il me fallait une preuve de tout ce que je faisais contre ma volonté...", explique Fabienne Kabou. Cet agenda sera découvert et versé au dossier bien après le début de l'enquête.

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Une fillette sans "existence légale"

Quand elle rentre chez elle à Saint-Mandé, en banlieue parisienne, "Michel a l'air abattu, il me dit : 'Alors, ça a été ?', je lui réponds que si quelqu'un doit être abattu aujourd'hui, c'est bien moi, et qu'il peut ravaler ses larmes de crocodile. Et je ne sors plus jusqu'à ce que les policiers arrivent. Voilà", conclut-elle. 


Les enquêteurs mettront neuf jours à découvrir où elle habite. Fabienne Kabou est en effet difficile à trouver. "Elle n'avait pas de véhicule, donc pas d'immatriculation, pas de documents d'identité, pas de sécurité sociale ni de documents bancaires, la petite n'avait pas d'existence légale...", a listé lundi 11 septembre devant la cour le commandant de la police judiciaire de Lille. 


Fabienne Kabou a été condamnée à 20 ans de réclusion de criminelle en première instance en juin 2016. Le verdict sera rendu vendredi 15 septembre. 

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