"L'enfer" vécu par Mohamed Camara, emprisonné deux fois pour des viols commis… par un homonyme

"L'enfer" vécu par Mohamed Camara, emprisonné deux fois pour des viols commis… par un homonyme

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JUSTICE – Mohamed Camara, déjà incarcéré par erreur en 2001, vient de retourner derrière les barreaux du 22 mars au 6 avril. Parce qu’il porte le même nom qu’un individu condamné pour viols, toujours en fuite.

Mohamed Camara, bien que condamné pour viols sur mineures à vingt ans de prison et se trouvant sous le coup d’un mandat d’arrêt international, n’a toujours pas vu l’ombre d’une prison. Au contraire de son homonyme, Mohamed Camara, incarcéré à sa place, par erreur, durant environ six mois en 2001… et de nouveau emprisonné récemment, du 22 mars au 6 avril. "Il a vécu un enfer, le sort réservé aux pédophiles en prison", raconte son avocat, Me Frédéric Berna, au Parisien ce lundi.

Le quiproquo trouve à la fois son origine dans l’homonymie de leurs noms, mais également dans les similitudes dans leurs dates et lieux de naissance : le mois de janvier 1973, en Guinée. C’est ce qui a conduit des policiers belges à l’arrêter à bord d’un train Bruxelles-Paris en juillet 2001, alors que l’homme, aujourd’hui âgé de 44 ans, se rendait à Nantes pour s’inscrire en master de sciences sociales. Ses protestations n’y feront rien : il faudra que deux victimes le mettent hors de cause cinq mois et demi plus tard pour qu’on le libère finalement.

À la suite de quoi, Mohamed Camara abandonne ses études et enchaîne les séjours en hôpital psychiatrique. Jusqu’à une nouvelle arrestation, en 2012, à Thionville, où il sera toutefois relâché au bout d’une garde à vue de 24 heures, le temps de vérifier son identité. Vivant désormais de l’allocation adulte handicapé, il pensait bien en avoir fini quand, il y a un an, il avait obtenu de l’État, en guise de réparation, la somme record de 60.000 euros. C’était sans compter sur l’ironie du destin.

Les policiers avaient pourtant "lu les articles sur internet"...

"Il allait mieux, il voulait reprendre ses études", indique dans Le Parisien son avocat au moment d’évoquer sa dernière mésaventure, datant du mois de mars dernier. Et survenue… dans un train le menant à Bruxelles, où il comptait s’inscrire à la fac. "À la maison d’arrêt de Valenciennes, on m’a répondu : ‘On ne peut rien faire, il a déjà été transféré à Paris’, alors qu’ils avaient lu les articles sur Internet !", reprend, dépité, Me Berna, qui ne parviendra à le faire libérer que deux semaines plus tard.

Contacté par L’Est républicain, le ministère de la Justice s’est justifié en assurant avoir dû effectuer des tests ADN parce que Mohamed Camara avait affirmé "plusieurs fois" être l’auteur des viols. "Il n’aurait jamais dit une chose pareille, c’est invraisemblable et ridicule, réplique son avocat dans Le Parisien. Un test ADN ? L’affaire aurait été réglée en cinq minutes en me passant un coup de fil. Ils ne sont même pas nés dans la même ville, ni le même jour, et le condamné porte un surnom alors que mon client a un deuxième prénom." Le philosophe Nietzsche écrivait que "le diable est dans les détails"… Le poète Rémi Goyer, lui, soulignait : "Une vie est faite de détails, mais un détail peut changer une vie."

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