La mère et le beau-père de Fiona de retour devant la justice

La mère et le beau-père de Fiona de retour devant la justice

JUSTICE - Le procès en appel de Cécile Bourgeon et de Berkane Makhlouf, accusés de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, s'ouvre ce lundi pour deux semaines devant la cour d'assises de Haute-Loire, au Puy-en-Velay. Le premier procès, qui avait imputé la responsabilité des coups mortels au beau-père, n'avait pas permis de lever l'énigme sur la mort de la fillette de 5 ans et le sort réservé à sa dépouille.

Comment Fiona est-elle morte ? Qu’ont-ils fait du corps ? Si au mois de novembre 2016 les jurés de la cour d'assises du Puy-de-Dôme avaient distribué les rôles en acquittant Cécile Bourgeon des coups mortels les imputant à son compagnon Berkane Makhlouf, ce premier procès n’avait pas permis de faire la lumière sur le funeste sort réservé à l’enfant de 5 ans. Lundi, la mère et le beau-père de la fillette seront de nouveau jugés devant les Assises de Haute-Loire. "Ce sera l’occasion de réinterroger la responsabilité de Cécile Bourgeon qui, d’une certaine manière, est passée à l’as lors du premier procès", estime Rodolphe Costantino, avocat de l'association Enfance et Partage. 


A l’inverse de son compagnon qui avait écopé de 20 ans de réclusion pour les violences volontaires ayant entraîné la mort, la jeune femme n’avait été condamnée que pour les seuls délits - le "recel de cadavre" notamment -  à 5 ans de prison. Un verdict que la rue avait accueilli dans un déchaînement de haine lors du passage des fourgons qui reconduisaient les condamnés en prison. Car cette foule qui avait assisté aux dix jours d’audience s’était dit "trahie" une seconde fois par "cette justice qui protège les assassins". La première remontait à mai 2013 lorsqu’elle avait vu à la télévision les larmes de cette jeune femme enceinte. Fiona s’était volatilisée dans un parc de Clermont-Ferrand et Cécile Bourgeon appelait la population à l’aide. Durant ses quatre mois de mensonges où le couple avait fait croire à l’enlèvement de l'enfant, des comités de soutien s'étaient créés pour l’aider. Jusqu'à ce qu'il craque.

"Ils ne lâcheront rien"

Cécile Bourgeon avait avoué la première en garde à vue la mort de sa fille après une "claque" et des coups donnés par Berkane Makhlouf la veille du drame. Ce dernier avait nié en bloc et accusé à son tour sa compagne. Tous deux avaient reconnu l’avoir enterrée près du lac d’Aydat sans se souvenir du lieu précis. A Riom, la cour avait tenté de faire parler les accusés mais elle s’était heurtée au mur de mensonges et de dénégations qu’ils semblaient avoir érigé. Les parties civiles avaient rapidement compris que les anciens toxicomanes, désormais shootés aux médicaments, leur confisqueraient toute vérité.  "Ils ne lâcheront rien", s'était résigné quelques jours après l'ouverture des débats Nicolas Chafoulais, le père de Fiona, qui voyait s'envoler l’espoir d’offrir à la petite victime "une sépulture digne". 

Le procès avait parfois frisé le ridicule quand une voyante avait raconté à la barre avoir été contactée de l’au-delà par l'enfant-défunte avant que la délirante ne s'évanouisse dans un grand fracas. Mais il avait aussi mis en lumière la personnalité complexe de Cécile Bourgeon. Longtemps dépeinte comme une femme lisse et effacée sous l’emprise d’un Berkane Makhlouf violent, elle avait montré un visage plus contrasté aux traits colériques. 

"Déterminée à prouver son innocence"

Au mois de juillet, la jeune femme qui avait vu sa demande de remise en liberté refusée avait fait une tentative de suicide. "Elle va mieux, elle est aujourd’hui combative et déterminée à prouver son innocence, commente son avocat Me Gilles-Jean Portejoie. Elle ne nie pas avoir manqué à son devoir de mère, avoir menti à la France entière mais l’idée d’être accusée d’avoir porté des coups, de surcroît mortels à sa fille, lui est insupportable."  La jeune femme, qui maintient "ne pas se souvenir" où elle a enterré le corps, espère que l'issue du procès en appel sera identique au premier. 

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"La seule voie pour que les lignes soient bouleversées,  c’est la position de Berkane Makhlouf . Sa condamnation repose uniquement sur les dires de Mme Bourgeon. Il a pris vingt ans, elle cinq. Est-ce que cette situation va l’amener à en dire davantage qu’il n’en avait dit la première fois ?, s’interroge Me Costantino. Est-ce que le pacte du silence qui avait été passé entre eux va être rompu ? Cela fait partie des inconnues de ce procès." 

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Mort de Fiona : le procès en appel

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