Mélenchon et Fillon sont d’accords pour la sanctionner : mais de quoi est accusée l’entreprise Lafarge ?

Mélenchon et Fillon sont d’accords pour la sanctionner : mais de quoi est accusée l’entreprise Lafarge ?

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JUSTICE - En plein débat mardi soir, Jean-Luc Mélenchon a mis le dossier de la compagnie de ciment Lafarge sur le devant de la scène, rejoint dans son attaque par François Fillon. L’entreprise est ciblée par une enquête portant sur de possibles arrangements financiers avec Daech en Syrie.

François Fillon et Jean-Luc Mélenchon se sont au moins découverts un point commun. Lors du débat organisé mardi soir, les deux hommes sont tombés d’accord lorsque le candidat de La France insoumise s’en est violemment pris à l’entreprise Lafarge. "Je trouve étrange que personne n’ait évoqué le cas de Lafarge, compagnie mondiale de ciment, qui a avoué avoir payé Daech pour pouvoir continué à produire son foutu ciment", s’est-il exprimé. "Cette compagnie doit être ou bien réquisitionnée, ou bien confisquée, mais une décision exemplaire doit être prise contre ceux qui complotent avec l’ennemi".


Une menace relayée par le candidat des Républicains. "Si c’est avéré […], bien entendu" qu’il faut punir Lafarge, a poursuivi François Fillon. 

Des laissez-passer monnayés à Daech ?

En juin 2016, le journal Le Monde avait révélé que le producteur français de ciment avait payé des taxes à l’Etat islamique en 2013 et 2014, dans la ville de Jalabiya, au nord de la Syrie. L’entreprise aurait envoyé quelqu’un obtenir des autorisations de laissez-passer délivrées par Daech contre de l’argent, pour permettre aux employés ainsi qu’aux camions de se rendre sur le site d’approvisionnement de la cimenterie, exploitée par une filiale locale de Lafarge. Nos confrères évoquaient également des intermédiaires servant à vendre à l’entreprise du pétrole raffiné par le groupe terroriste.

Deux plaintes et une enquête en cours

En septembre, Bercy avait alors porté plainte, permettant l’ouverture d’une enquête sur ses accusations. Selon une source proche du dossier et citée par l’AFP, le ministère de l’Economie s’appuyait sur une série de sanctions prises par l’Union européenne interdisant l’achat de pétrole en Syrie, ainsi que l’interdiction d’entretenir une relation avec "les organisations terroristes présentes en Syrie".


L’ONG Sherpa, qui défend les victimes de crimes économiques, avait à son tour porté plainte en novembre suite à des témoignages d’anciens employés de l’usine. Des faits de financement du terrorisme, de complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, de mise en danger délibéré d’autrui, ainsi que d’exploitation d’autrui et de négligence sont reprochés à Lafarge.

Le groupe LafargeHolcim a réagi à ces plaintes et ces révélations en indiquant que "la priorité du groupe a toujours été la sécurité de (ses) collaborateurs et de leurs familles". L’usine ciblée par les accusations était un "employeur important dans la région" et "avait un rôle vital" pour la population locale, "car elle lui fournissait les matériaux de construction essentiels à leurs besoins en matière de développement et d’urbanisation". L’enquête est toujours en cours.

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