Prison requise contre le couple Thévenoud : "Pourquoi avez-vous fait ça ?"

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COMPTE-RENDU - Ce mercredi se tenait le procès du couple Thévenoud, jugés pour ne pas avoir déclaré leurs revenus aux impôts en temps et en heure. Tout au long de l'audience, le président s'est attaché - en vain - à tenter de répondre à une simple question : "Pourquoi avez-vous fait ça ?"

"Mais pourquoi vous avez fait ça ?" C'est la question à laquelle le tribunal a tenté de répondre tout au long du procès qui se déroulait ce mercredi à la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. L'éphémère secrétaire d'Etat Thomas Thévenoud et sa femme Sandra y étaient tous les deux jugés pour fraude fiscale. La justice reproche au couple d'avoir déclaré ses revenus en retard pendant cinq ans, entre 2009 et 2013.


Estimant que le "comportement fiscal" qui devait être le sien n'était "pas au rendez-vous", le parquet a requis mercredi un an de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité contre le député (ex-PS) de Saône-et-Loire, âgé de 42 ans. Six mois de prison avec sursis ont été requis contre son épouse Sandra, qui était cheffe de cabinet à la présidence du Sénat.


Dès le début du procès, le président s'est attaché à comprendre les raisons qui ont poussé le couple à ne pas déclarer ses revenus aux impôts en temps et en heure. "Pourquoi deux personnes diplômées avec des revenus relativement simples à déclarer n'ont-elles pas rempli leurs déclarations dans les délais ?", demande le président du tribunal à Thomas Thévenoud juste après le rappel des faits. 

Je cherche toujours l'explication de ce dysfonctionnement"Thomas Thévenoud

Habillé d'un costume cravate gris foncé, cheveux grisonnants, l'ancien secrétaire d'Etat n'a jamais su trouvé de réponse. "Je cherche toujours l'explication de ce dysfonctionnement et je m'interroge encore aujourd'hui, car c'était simple comme bonjour", lance-t-il. 


A plusieurs reprises, le président insiste pour obtenir une réponse plus claire. "Pourquoi ne pas avoir rectifié le tir quand vous avez changé de situation professionnelle ?", s'étonne-t-il  encore en s'adressant cette fois à Sandra Thévenoud. "On n'arrivait pas à sortir de tout ça, marmonne l'ancienne cheffe de cabinet du président du Sénat. Habillé d'un tailleur pantalon bleu marine , cheveux lâchés et lunettes de vue en serre-tête, elle ajoute : "C'était devenu notre petit secret".

"Phobie administrative "

Le président du tribunal Olivier Géron met ensuite "les pieds dans le plat" et l'interroge sur la fameuse "phobie administrative" qu'il a invoquée auprès du Canard enchaîné lorsque l'hebdomadaire satirique avait révélé ses impayés de loyer de son appartement parisien. Cette "bêtise" a "fait rire la France entière", souffle-t-il, "c'était se chercher des excuses là où au contraire il aurait fallu assumer... J'assume mais en même temps je sors cette expression..."


"Ça peut faire rire la France entière mais ça existe", persévère encore aujourd'hui Thomas Thévenoud qui raconte avoir reçu des dizaines de témoignages de gens pour qui les démarches administratives sont difficiles. 

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