Procès Merah : à l'école Ozar Hatorah, Mohamed Merah "arrosait tout le monde", raconte un parent d’élève

Procès Merah : à l'école Ozar Hatorah, Mohamed Merah "arrosait tout le monde", raconte un parent d’élève

JUSTICE – André S., témoin de la tuerie à l’école Ozar Hatorah, est venu décrire ce mercredi matin devant la cour d’assises spéciale où sont jugés jusqu’au 3 novembre Abdelkader Merah et Fettah Malki, la scène d’horreur à laquelle il a assisté le 19 mars 2012 dans la matinée. Lui, comme ses enfants, sont traumatisés à vie.

Le 19 mars 2012, un peu avant 8 heures et comme tous les parents de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, André S. accompagnait ses enfants en classe. Un peu avant 8 heures, comme d’autres, il a croisé le chemin du "tueur  au scooter".  Ce dernier, en 36 secondes, allait abattre un adulte et trois enfants, Jonathan Sandler, 30 ans, Arié Sandler, 5 ans, Gabriel Sandler 3 ans et Myriam Monsonego, 8 ans. 


A la barre ce mercredi matin, dans l’enceinte de la salle Voltaire, où sont jugés depuis le 2 octobre et jusqu’au 3 novembre, Abdelkader Merah, 35 ans, et Fettah Malki, André S. costume sombre et chemise blanche, est venu raconter les dramatiques événements qui se sont déroulés sous ses yeux ce jour-là. 

"J’étais à 10-15 mètres"

A 7h57, le 19 mars 2012, André S., au volant de sa voiture, ses trois enfants à l’arrière, a entendu des détonations et a d’abord cru a "des pétards". Puis dans son champ de vision est apparu Mohamed Merah.  "J’ai vu un homme avec une arme au poing. Je l’ai vu tuer M. Sandler et son fils, j’étais à 10-15 mètres. Il bougeait dans tous les sens, il arrosait tout le monde. Je ne savais pas quoi faire. J'ai reculé doucement devant le portail. J'ai pensé aux enfants qui pouvaient arriver, j'ai eu peur qu'ils soient tués aussi".  

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Le témoin poursuit et décrit le tireur : "Il bougeait énormément. Il avait une arme en bandoulière. Il en a sorti une autre". Très ému, André S. décrit la violence de cette scène. "Je l’ai vu les achever comme des chiens par terre, il a sorti une autre arme et il a tiré, les corps sautaient sur le sol". Jonathan Sandler avait tenté de se relever, avant d’être de nouveau visé. 


En quelques secondes, Mohamed Merah avait assassiné quatre personnes ce jour-là avant de prendre la fuite à scooter. Le témoin a relevé "la détermination" du tueur et "son sang-froid au moment de repartir". "Sa mission, c’était de tuer des enfants juifs", assure aujourd’hui André S. 

Traumatisés à vie

Après ce drame, André S. indique avoir été "obligé de déménager". Ses enfants  alors âgés de 3, 10 et 12 ans, "ont tout vu" de ce qu’il s’est passé le 19 mars 2012 à l’école  Ozar Hatorah de Toulouse. 


Après la tuerie, ils ne voulaient pas rester dans le quartier et ne voulaient plus aller à l’école tout seul. "Merah a détruit ma famille. Depuis cela, mes enfants ont peur de tout, poursuit-il. Déjà, moi, adulte, y’a pas un jour ou j’y pense pas, Mes enfants se posent sans cesse des questions : Pourquoi ? Parce qu’on est juifs ? ". 

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