Procès Merah : "J’ai été incarcéré pour rien, j’ai été sali"

Procès Merah : "J’ai été incarcéré pour rien, j’ai été sali"

JUSTICE – Au 10e jour du procès d’Abdelkader Merah et Fettah Malki, c'est Mohamed Meskine, un temps désigné comme le 3e homme présent lors du vol du scooter T-Max qui a servi lors des attaques de mars 2012 et de l’achat de blouson de moto de Mohamed Merah, qui est venu à la barre.

Il aurait pu être le 3e accusé dans le box, si une témoin n’était pas revenue sur ses premières déclarations. Ce vendredi 13 octobre, Mohamed Meskine, 30 ans, costume sombre et grosse écharpe autour du cou, accent toulousain marqué, a déposé devant la cour d’assises spéciale de Paris où sont jugés Abdelkader Merah, 35 ans, et Fettah Malki, 34 ans. 


Agé de 25 ans en 2012, Mohamed Meskine avait  été désigné pendant un temps par les enquêteurs de police comme étant le troisième homme, celui qui aurait été présent le 6 mars 2012 avec Abdelkader Merah et Mohamed Merah au moment du vol T-Max utilisé par celui que l’on surnommera "le tueur au scooter" au cours de ses attaques terroristes. A l’époque, la vendeuse d’un magasin de Toulouse où Mohamed Merah a acheté, le 6 mars 2012 encore, le blouson de moto qu’il portera aussi lors des tueries avait reconnu lors d’un tapissage et sans être formelle Mohamed Meskine comme étant la troisième personne qui avait accompagné les frères Merah ce jour-là. 


Un peu plus tard, la vendeuse ne le reconnaissait pas sur la planche photographique qui lui était présentée. Puis, lors d’une confrontation avec cet homme,  elle expliquait ne plus comprendre son "flash" parce que le "troisième homme" était plus petit et plus mince que Mohamed Meskine. C’est ce qui a sauvé ce suspect… devenu témoin. 

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PORTRAIT ABDELKADER MERAH

"Y'avait un respect entre nous"

Car le 6 mars 2012, Mohamed Meskine a bien vu les frères Merah et ne s’en cache pas. Selon ses déclarations de l'époque, il était allé dans un magasin de moto pour faire un devis pour les réparations sur la moto d’Abdelkader Merah. 


Mohamed Meskine, juste après avoir obtenu son permis moto début mars 2012, avait emprunté la moto d’Abdelkader Merah. "Y'avait un respect entre nous, on a grandi dans le même quartier", a raconté le témoin ce vendredi matin, précisant que la religion les avait "rapprochés". Au guidon de l'engin, Mohamed Meskine avait eu un accident qui l'avait amené à visiter ce magasin spécialisé en compagnie de son propriétaire... et de Mohamed Merah. Même s'il s'en était "étonné", il s'était fait accompagner au magasin, avait réglé le devis (650 euros), avant de se faire ramener par la fratrie dans le quartier des Izards.

"Tout ça pour un simple devis"

Un bout de chemin qui lui vaudra d'être mis en examen et de passer près de cinq mois en détention provisoire. "J’ai été dépassé par cette histoire […]. J’ai subi des préjudices, j'ai été incarcéré pour rien, j'ai été sali. Tout ça pour un simple devis", regrette le témoin à la barre. Mohamed Meskine finira par bénéficier d’un non-lieu, "aucun élément tant matériel qu’intellectuel n’établissant avec certitude l’implication de Mohamed Mounir Meskine, malgré un faisceau d’indices concordants". Le doute a dès lors bénéficié à ce dernier. 


Ce que n'a pas manqué de remarquer Me Dupont-Moretti, avocat d'Abdelkader Merah, en désignant le box des accusés 

- En réalité vous avez bénéficié d’un non-lieu car la dame qui vend le blouson dit que c’est pas vous, elle est formelle. Vous êtes un miraculé monsieur, vous avez failli être là.

- Je ne suis pas passez loin, lui a répondu le témoin avant de quitter la salle. 


Quant au 3e homme en question, Abdelkader Merah a fini par en donner le  nom, une fois que ce dernier était mort. Il s'agissait, selon lui, de Walid Larbi Bey, tué en août 2014 dans une affaire de règlements de comptes aux Izards…

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