Scooter, blouson et traqueur... ce jour où Merah a préparé ses crimes

PROCES – La cour d’assises spéciale s’est intéressée ce jeudi à la journée du 6 mars 2012, jour où a eu lieu le vol du T-Max utilisé par Mohamed Merah lors des tueries des 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban qui ont fait 7 morts. Ce même jour, Abdelkader Merah, frère de Mohamed Merah et aujourd’hui accusé de complicité dans les attaques "tueur au scooter", a vu son petit frère Mohamed Merah . S’il reconnait avoir été présent pour le vol, il conteste tout le reste.

Que s’est-il  passé le 6 mars 2012 à Toulouse ? Dans quel ordre chronologique et en présence de qui pour chaque fait ? Ce jeudi, la cour d’assises spéciale, où sont jugés Abdelkader Merah et Fettah Malki depuis le 2 octobre et jusqu’au 3 novembre, s’est penchée sur cette date clé de l’affaire. C’est en effet ce jour-là que le tueur au scooter a volé le T-Max qu’il allait utiliser les 11, 15 et 19 mars au cours des attaques terroristes commises contre des militaires et dans une école juive. C’est également ce jour-là que Mohamed Merah a acheté une cagoule, un blouson de moto et qu’il s’est renseigné sur la manière de désactiver un traqueur de scooter. 


Son frère Abdelkader Merah est aujourd’hui jugé pour complicité dans la préparation des assassinats commis par son frère, "le tueur au scooter", à Toulouse et Montauban en mars 2012. S’il reconnait avoir été présent sur le vol, il conteste les autres faits. Retour sur la journée du 6 mars. 

"J’ai vu surgir un homme… "

La première personne qui a témoigné ce jeudi matin s’appelle Florian de C., 68 ans. Le sexagénaire est celui, qui, ce 6 mars 2012 s’est fait dérober son deux-roues, un peu avant 17 heures. 


Ce jour-là, il était parti avec sa femme récupérer la voiture de celle-ci dans un garage automobile où elle avait été laissée en réparation. Le sexagénaire explique s’être garé devant le garage, avoir réglé la facture puis être reparti vers son T-Max et met les clés sur le contact. Il réalise alors qu’il a oublié la facture et repart au garage. 


"J’ai vu surgir de la droite un individu qui a bondi sur mon scooter (...) j’ai essayé de le rattraper, bien entendu j’ai pas réussi », explique le témoin à la barre convaincu que le le malfrat  "faisait le guet". 


Mohamed Merah vient de lui voler son deux-roues. Abdelkader Merah qui l’attend dans une voiture avec un autre homme affirme que son frère a vu les clés en passant et lui a demandé d’arrêter sa voiture. Il qualifie le vol d’"intuitif". L’accusation, elle, veut prouver qu’il est bien prémédité. 


Interrogé par Me Dupond-Moretti sur un éventuel rendez-vous avec le garage, le témoin indique qu’il n’avait pas pris rendez-vous.  « Comment peut-on savoir alors que vous alliez vous rendre au garage ? Comment le vol a pu être prémédité ?" s’interroge Dupont-Moretti. Et de poursuivre : "Et il faudra m’expliquer pourquoi faire le guet devant un garage automobile pour voler une moto?" dit Dupond-Moretti. 

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Des informations sur le traqueur

Ce même-jour, le 6 mars 2012, Mohamed Merah s’est également rendu dans le magasin Yam 31 à Toulouse pour demander des informations sur le traqueur, équipement permettant de géolocaliser un deux-roues en cas de vol. La question est de savoir si ce dernier est venu dans le magasin, avant, ou après le vol du T-Max qui s’est déroulé aux alentours de 16h50. 


Le mécanicien interrogé ce jeudi à la barre ne sait plus à quel moment Mohamed Merah est venu dans le magasin pour chercher des informations concernant cet équipement. Il se souvient juste avoir dit au client, qui était seul, que ces informations étaient « confidentielles ». Sa collègue, interrogée un peu plus tard par le tribunal dira elle aussi qu’elle lui avait fait un signe pour qu’il ne réponde pas à cette question. 


"Si on part du principe, comme le veut l'accusation, que Mohamed Merah s’est renseigné sur le traqueur avant le vol, dit Me Dupond-Moretti au mécanicien, il aurait dû voler un scooter sans traqueur ? Moi si je suis un voleur, si je veux voler un scooter, j’en vole un sans traqueur, non ?"


L’avocat d’Abdelkader Merah veux "démontrer que Mohamed Merah s’est renseigné sur le traqueur après le vol du T-Max". Le ténor du barreau rappelle que cet événement "est un des piliers de l’accusation". 

Le blouson de moto

Outre le vol du scooter, Abdelkader Merah et son frère Mohamed ont également acheté ensemble ce 6 mars un blouson de moto.  Selon la vendeuse du Magasin Maxxess de Toulouse où la vente a été réalisée, un autre homme était présent lors de cet achat.  Le témoin dit avoir reconnu Abdelkader Merah car elle l'avait déjà vu dans son magasin.  Selon elle, le blouson "passe-partout,  taille S" était pour Mohamed Mera  qui l’a essayé. Il a été acheté "en fin de journée", dit la vendeuse. "18h04", précise le président de la cour.


La facture du blouson a été faite, elle, au nom d’Abdelkader Merah. Nouvelle preuve à charge pour l’accusation de la complicité de l’accusé dans les attentats commis par son frère…


Devant les enquêteurs, Abdelkader Merah a reconnu sa présence sur le vol du scooter. Il la reconnait encore aujourd’hui devant la cour. « Regardez où je suis maintenant ! », dit l’accusé, incarcéré depuis cinq ans, depuis le box à la cour. 

- "Je vous rassure monsieur Merah, vous n’êtes pas incarcéré pour un vol de scooter" lui dit l’avocate générale

- "Bah si un peu", commente l’accusé


Abdelkader Merah a toujours affirmé qu’il ignorait les intentions de son frère concernant les actes terroristes qu’il a commis. 

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